‹ Œuvres de Schiller. Tome 1, Poésies de SchillerChapitre 200 sur 311 · RÊVERIE · texte numérisé non relu

RÊVERIE

La lune, avec sa lueur mourante, plane sur les bois muets comme la tombe; l’esprit de la nuit glisse en soupirant à travers les airs.... des nuages de brouillard flottent et frissonnent; une lumière pâle et lugubre tombe des étoiles comme de lampes suspendues dans un sépulcre.... Tel qu'une troupe de fantômes muets, hâves et décharnés, un noir et funèbre convoi s’agite làbas et s’avance vers le dernier asile, sous le crêpe sinistre de la nuit des tombeaux.

Tremblant sur sa béquille, l’œil morne et la tête baissée, quel est cet homme qui exhale des cris plaintifs et s’en va chancelant, riste jouet du sort inflexible, derrière le cercueil que l’on

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