LA FILLE INFANTICIDE
lacëe dans les bras d’un homme perlide, la vertu de Louise s’est endormie.
Ah! peut-être, m’oubliant, foliUre-t-il autour d’une autre, ce cœur de serpent, et, tandis que je marche au tombeau, il s’épanche près d’une table de toilette en badinages amoureux? Peutêtre il joue avec les boucles des cheveux de sa maîtresse, et dévore le baiser qu’elle lui offre.,., au moment même où, versé sur ce billot funèbre , le sang jaillit en l’air de mon corps mutilé.
Joseph! Joseph ! que le cortège de mort de Louise te suive par les routes lointaines, et que le sourd hurlement du bellroi frap])e ton oreille comme un terrible avis! Uuand des tendres lèvres d'une amante sort pour loi le doux murmure d’amour, que soudain ce bruit sinistre ouvre une plaie infernale dans ce tableau couleur de rose, dans ce tableau de volupté!
Ah! traître! ni les douleurs de Louise, ni la honte de la femme, homme dur! ni ce tendre enfant qui tressaillait sous mon cceur, ni rien de ce qui émeut les lions et les tigres?... Sa voile tièrement s’envole loin de ces bords; mes yeux ob.scurcis le suivent, tremblants , et maintenant, auprès des jeunes tilles des bords de la Seine, il gémit scs soupirs menteurs!
Et le tendre enfant.... sur le sein de sa mère, il reposait: doux repos , repos d’or! Charmant comme la jeune rose du matin , l’aimable pêlit me souriait. Dans tous ses traits , mortelle séduction! une image chèrement aimée parlait à mes regards. Le cœur oppressé de la mère est bercé par l’amour et.... le délire du désespoir. ^
• Femme , où est mon père? » ainsi bégayait le silence foudroyant de son innocence. * Femme, où est ton époux? » répétaient, comme un écho, tous les replis de mon cœur.... Hélas! en vain tu le chercheras , pauvre orphelin , lui qui déjà peut-être caresse d’autres enfants; tu maudiras l’instant de notre ivresse, lorsqu’un jour le nom de bâtard te flétrira !
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460 POÉSIES DÉTACHÉES
Ta mère.... oh ! l’enfer dans mon sein !... elle est là solitaire, dans l'immensité du monde. Elle aspire d’une soif éternelle à la source de joie, que ton aspect rend amère affreusement. Hélas! à chaque son de ta voix , retentissent dans mon àme les sensations douloureuses du bonheur passé , et les traits amers de la mort jaillissent du sourire de ton regjrd d’enfant.
Enfer, enfer, où je te cherche en vain! enfer, où mon œil t’aperçoit! Ils sont pour moi les verges des Euménides, tes^ baisers, qui, sur ses lèvres à lui, jadis m’enivrèrent. Ses serments tonnent de nouveau du sein de la tombe; toujours, toujours, éternellement son parjure égorge.... L’hydre du désespoir alors m’enlaça.... le meurtre était consommé.
Joseph! Joseph! que l’ombre courroucée te poursuive par les routes lointaines! Puisse-t-elle t’atteindre de ses bras glacés, t’éveiller de sa voix tonnante , dans tes rêves de volupté! Dans le rayonnement des douces étoiles , qu’à tes yeux scintille le regard affreux, le regard de mort de l'enfant! qu’il vienne à toi dans sa parure sanglante; le fouet à la main, qu’il te repousse du paradis !
Voyez! il était l'i, couché sans vie à mes pieds.... froide, l’œil lixe, l’âme égarée , je regardais couler les flots de son sang, et ma vie s’écoulait avec ce sang!... Bruit affreux! déjà frappe à laporte le messager de la justice : plus alîreusement bat mon cœur! Ah! je cours avec joie éteindre dans la froide mort la flamme de ma douleur! ^
Joseph! Dieu, dans le ciel, peut pardonner: la pécheresse te pardonne. Je veux laisser en offrande à la terre mon ressentiment. Flamme, élance-toi à traverPle bûcher.... G bonheur! bonheur! ses lettres brûlent; ses serments, le feu vainqueur les dévore ; ses baisers ! comme la flamme les emporte ! Qu’avais-je autrefois dans ce monde qui me fût aussi cher!
Ne vous liez pas aux roses de votre jeunesse! ne vous liez jamais, 6 mes sœurs, aux serments des hommes! La beauté fut