‹ Œuvres de Schiller. Tome 1, Poésies de SchillerChapitre 217 sur 311 · ADIEU DU POETE AU LECTEUR · texte numérisé non relu

ADIEU DU POETE AU LECTEUR

La Muse se tait. Avec ses joues virginales et le visage couvert d’une rougeur pudique , elle se présente à toi , pour recevoir son arrêt : elle le respecte sans le craindre. C’est à l’homme de bien qu’elle désire agréer, à celui que la vérité touche, que le faux éclat ne séduit point. Qui sent battre dans sa poitrine un cœur ouvert au bien et au beau , est seul digne de la couronner.

Ces chants ne demandent point à vivre au delà du moment où leur mélodie aura su charmer un cœur sensible, l’entourer d’images plus belles , l’initier à de plus nobles sentiments ; ils ne demandent pas à s’envoler d’un vol éternel vera la postérité lointaine ; ils ont retenti dans le temps borné et ils expireront dans le temps. La verve du moment les a enfantés ; ils s’enfuient, emportés par la danse légère des Heures.

Le printemps se réveille ; sur les prairies que le soleil réchauffe, éclôt joyeusement une vie juvénile. L’arbuste embaume l’air de divins parfums; un chœur de gais chantres remplit le ciel , et la foule, jeunes et vieux , se récrée au grand air : tous se réjouissent et enivrent de volupté leurs oreilles et leurs yeux.... Le printemps fuit! la fleur monte en graine, et, de toutes celles qui out paru , nulle ne demeure. ,

]. Cet adieu est de 1795. 11 parut d’abord dans IMImanach des Muses de 1796.

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POÉSIES DÉTACHÉES

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