Antholngir
3. On appelle de ce nom, dans certains p.iys, des endroits publics où l’on se réunit pour jouer, pour danser.
POÉSIES DÉTACHÉES
Ce n'est point vers la table de toilette, vers le miroir flatteur, devant lequel la vanité s’agenouille, comme devant son idole, et souvent se répand en prières plus ardentes que les vœux adressés au ciel même ;
Ce n’est point derrière le voile artificieux des alcôves , où une nuit liypocrite trompe les yeux du monde et berce dans de brûlants désirs des cœurs qui semblent de glace au feu du soleil;
Là où nous surprenons , rouge de honte , la sagesse qui , en public , liardimeni s’abreuve des rayons de Phébus , et où Platon choit du haut des sphères ;
Non, ce n’est point là, c’est vers vous, solitaire triade de sœurs , vers vous, les filles du Destin , que vole, au léger murmure de mon luth, mon chant d’amour, triste et doux.
Pour vous seules jamais encore sonnet n’a roucoulé, nul usurier n’a prétendu à votre argent, jamais petit-maître n’a fredonné d’ariette jilaintive, nul berger n’est mort en amant d’Arcadie :
Pour vous qui glissez, attentives, entre vos sages doigts le fil sensible de notre vie, jusqu’au jour où en vain, sous les ciseaux retentissants , le tissu délicat résiste.
Pour m’avoir filé , à moi aussi , le fil de la vie, je baise, ô Clotlio, ta main.... pour n’avoir pas encore coupé ce jeune fil , reçois , Lachésis, cette guirlande de fleurs.
Souvent dans le fil tu enfilas des épines, plus souvent encore des roses : pour les épines et les roses enfilées, que ce chant, Clotho , te soit consacré.
Souvent des passions orageu.ses ont tordu la molle cordelette ; souvent des projets gigantesques en ont gêné la libre évolution ;
Souvent , dans une heure de douce volupté , j’ai craint que le fil ne fût trop tin; ])Ius souvent encore , dans l’atfreux abîme de la tristesse, j’ai dû me. plaindre qu’il fût filé trop fort :
Ces plaintes, Clotho, et mes autres mensonges, je te prie maintenant, avec larmes, de me les pardonner; désormais aussi je me veux contenter de ce que me donne la sage Clotlio.
Seulement, ne ferme pas les ciseaux sur des roses, mais sur des épines.... Et pourtant , qu’il en soit comme tu voudra.s. Quand tu le voudras , que les ciseaux se ferment , pourvu que tu exauces ce seul vœu :
Si par un charme , ô déesse , mon esprit s’élance de sa pri-
Digitiz^ by Cloogle
APPENDICE
son sur les lèvres de Laure; si, trahie, livrée au vertige, ma jeune vie flotte aux portes du trépas ;
Laisse courir le fil à l'infini, il court à travers un paradis; laisse alors tomber , ô déesse, tes ciseaux cruels, laisse-les tomber , Lachésis !