‹ Œuvres de Schiller. Tome 1, Poésies de SchillerChapitre 224 sur 311 · LES MAUVAIS MONARQUES · texte numérisé non relu

LES MAUVAIS MONARQUES

Que ma lyre s’élèvejusqu’à votre éloge.... Dieuxde la terre!... ma lyre qui n’a encore retenti que de doux sons dans les aimables fêtes d’Anadyomène. Amorti par votre pompe tumultueuse, intimidé parles flammes de pourpre de votre grandeur, le chant tremble.

Parlez ! dois-je frapper les cordes d’or , quand , soulevé par les cris de triomphe , votre char roule sur le champ de bataille? Ou quand , fatigués de l’étreinte du fer, vous échangez les lourdes cuirasses contre les bras de rose de vos Phry nés ?

Mon hymne hardi doit-il peut-être , ô Dieux , vous saisir sous l'éclat de vos couronnes d’or , aux lieux où , voilés de ténèbres mystérieuses, votre s])lecn joue avec des foudres , où vous déguisez sous des crimes votre humaine fragilité , jusqu’à ce que.... la tombe garde vos secrets ?

Chanterai-je le repos des têles couronnées? Dois-je, princes , célébrer vos songes ?... Pendant «lue le ver ronge le cœur royal, le sommeil d’or voltige autour du .More qui garde le trésor aux portes du palais , et.... ne le convoile pas.

Montre, ô .Muse , comment, dans la. mort, les rois dorment sur un même oreiller avec les esclaves de la chiourme, comment leurs foudres éteintes sont dé.sormais toutes bonnes, là où jamais plus leurs caprices ne torturent , où ces minotaures de théâtre ne font plus nul fracas, où.... ces lions reposent enfin.

Allons! touche, Hécate, de ton sceau magique l’anneau du caveau funèbre! Écoute! les portes tonnent et soudain cèdent. C’est là, là où souflle l’impure haleine de la Mort, où l’air sépulcral hérisse et roidit les cheveux, là que je chanterai.... le bonheur des souverains....

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