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I.E CHANT UE LA CLOCHE. -2kb

adressez au ciel quelque formule pieuse. ... Faites sauter la bonde! Dieu garde la maison!... Et fumantes, de brunes vagues de feu se précipitent dans la courbure de l’anse.

Bienfaisante est la puissance du feu , quand l'homme la dompte, la surveille, et ce qu’il forme, ce qu’il crée, il le doit à cette force céleste; mais la céleste force devient terrible, quand elle se dégage de sa chaîne, et s’élance, libre fille de la nature, par sa propre voie. .Malheur quand, déchaînée, grandissant sans obstacle, elle roule à travers les rues populeuses l’immense incendie! C'est que les éléments haïssent ce qu’a formé la main de l'homme. La nue est une source de bénédiction , c’est de son sein que ruisselle la pluie; mais de la nue aussi jaillit au hasard le trait de la foudre. Entendez-vous ces sons lamentables du haut de la tour ? C’est le tocsin ! Le ciel est rouge comme du sang : ce ne sont pas L\ les feux de l’aurore! Ouel tumulte le long des rues ! I.a fumée s’élève en tourbillons, la colonne de feu monte pétillante. Par la longue avenue, l’incendie croit aussi prompt que le vent : l'air brûle et bout comme s’il sortait de la gueule d’une fournaise; les poutres craquent, les poteaux s’écroulent, les fenêtres éclatent ; les enfants pleurent, les mères vont éperdues, le bétail gémit sous les ruines; tout court, sauve son bien, fuit. I.a nuit brille aussi claire que le jour. A l'envi , parla longue chaîne des mains, le seau vole; les pompes, en jets recourbés, lancent dans les airs leurs Ilots d’eau. Voilà l’ouragan qui vient et vole en hurlant; il mugit, cherchant la flamme. Elle tombe, pétillante, sur les récoltes sèches, dans les vastes greniers, sur les poutres arides des chevrons, et, comme si elle voulait, de son souflle, entraîner avec elle la masse de la terre dans son impétueux essor, elle monte vers les hauteurs des deux, grande comme un géant ! Désespéré, l’homme cède à la puissance divine et voit, inerte et stupéfait, périr ses travaux.

La place est vide , ravagée , et désormais l’affreux repaire des fougueux orages. Par les fenêtres, antres vides oit l’horreur habite, les nuages du ciel regardent d’en haut.

L’homme jette encore en arrière un regard sur le tombeau de son avoir.... puis saisit résolùment son bâton de voyage. Quoi que lui ai ravi la fureur du feu , une douce consolation

POfcSIES MÉTACHÉES.

lui reste : il compte les têtes qui lui sont chères; ô bonheur! pas une ne manque à son amour.

Voilà le métal au sein de la terre, et la forme heureusement remplie! Reviendra-t-il brillant au jour, pour payer nos efforts et notre art ?... Mais quoi ? Si la fonte n’avait pas réussi ? Si le moule avait éclaté,? Ah ! tandis que nous espérons, peut-être le malheur nous a-t-il déjà frappés.

Au sein ténébreux de la terre sacrée nous contions l’œuvre de nos mains. Le laboureur lui confie sa semence, et il espère qu’elle germera, qu’elle viendra à bien , au gré du ciel. Plus précieuse encore est la semence que nous cachons, éplorés, dans le sein de la terre, espérant que du fond des cercueils elle fleurira pour renaître à une vie plus belle.

Du haut de la cathédrale, en sons lourds et inquiets, la cloche fait retentir .son chant sépulcral : ses coups graves et tristes accompagnent un pèlerin dans son dernier voyage.

Ah ! c’est l’épouse, l'épouse chérie; ah! c’est la mère dévouée, que le noir prince des ombres arrache aux bras de son époux, à la troupe des tendres enfant.s qu’elle lui donna à la fleur de l’âge, et qu’avec une maternelle joie elle voyait croître sur son sein fidèle.... Ah ! les doux lions de la famille sont rompus à jamais ; car elle demeure dans le pays des ombres , celle qui fut la mère de la famille ; car sa direction dévouée a cessé, sa sollicitude ne veille plus; au foyer orphelin désormais régnera l’étrangère sans amour !

Tandis que la cloche refroidit, reposez-vous du rude travail. Comme l’oiseau se joue dans le feuillage , que chacun prenne du bon temps. Au signal que donne la lueur des étoiles, le compagnon, libre de tout soin, entend sonner ta cloche du soir; mais il faut que le maître toiyours se tourmente.

Au loin , dans la forêt sauvage, le voyageur hâte gaiement le pas, pour regagner sa chaumière chérie. Les brebis retournent, bêlantes, au bercail, et les troupeaux juisants des bœufs au

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