‹ Œuvres de Schiller. Tome 1, Poésies de SchillerChapitre 46 sur 311 · LA FÊTE D’ÉLEUSIS · texte numérisé non relu

LA FÊTE D’ÉLEUSIS

Tressez en guirlande les épis dorés et mêlez-y des bluets d’azur! Que la joie transfigure tous les yeux, car vôici la reine

î. La ponctuation adoptée pour cette phrase, dans les éditions allemandes de la maison Cotta, présente un autre sens, qui dénature la pensée de Schiller.

7. Ce poème parut d’abord, sous le titre de DUrgerUed, « Chant des citoyen*,» dans iM/manach des Muses de 1790.

POÉSIKS DÉTACHÉKS.

qui s’avanrc, elle qui dompta les mœurs sauvages, associa l’homme à l’homme et changea en cabanes stables et paisibles la tente mobile.

Le troglodyte se cachait, timide, dans les fentes des montagnes; le nomade laissait convertis en déserts les pâturages où il passait. Le javelot, l’arc h la main, le chasseur parcourait le pays ; malheur à l’étranger que les vagues jetaient sur la rive funeste !

Et Gérés, errant à la recherche de sa fille, salua, sur son chemin, la plage abandonnée. Ah! nul champ n’y verdissait; nul abri ne lui assure un paisible séjour; nul temple aux riantes colonnes n’atteste qu’on honore les dieux.

Nulle part, le fruit des doux épis ne l’invite à un pur et frugal repas ; elle ne voit que d'atîreux autels où se dessèchent des ossements humains. Oui, aussi loin qu’elle promène ses pas errants, elle ne trouve que misère, et son divin génie déplore la chute de l’homme :

« Est-ce ainsi que je retrouve l’homme à qui nous avons prêté notre image, et dont la belle et noble figure brille dans l’Olympe? Ne lui avons-nous pas donné pour domaine le sein divin de la terre? et , dans son royal séjour, il erre , misérable et sans foyers.

« Aucun dieu n’a-t-il pitié de lui, et, dans le chœur des bienheureux, n’est-il personne dont le bras tout-puissant le tire de sa profonde ignominie ? Sur les sommets fortunés des deux, la douleur étrangère ne les touche pas; pour moi, l’angoisse et les maux de l’humanité se font sentir à mon cœur aflligé.

« Pour que l’homme devienne homme, qu’il fonde, plein de foi^^e éternelle alliance avec la terre, sa mère bienveillante; qu’il respecte la loi des saisons et la marche sainte des astres, qui s’avancent, d’un cours tranquille et mesuré, dans un concert hcirmonieux. »

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