‹ Œuvres de Schiller. Tome 1, Poésies de SchillerChapitre 63 sur 311 · LE PÈLERIN · texte numérisé non relu

LE PÈLERIN

J'étais encore au printemps de ma vie, et je partis, et je laissai les danses joyeuses de la jeunesse dans la maison de mon père.

Je renonçai gaiement, plein de foi, à mon avoir, à tout mon héritage, et, appuyé sur le léger bAton du pèlerin, je m'en allai avec un cœur d'enfant.

C'est qu’un puissant espoir me poussait, et une mystérieuse parole de foi. « Marciie, criait la voix, le chemin est ouvert; marche toujours vers l’Orient,

« Jusqu’à ce que tu arrives à une porte d'or ; là tu entreras ; car ce qui est terrestre devient là céleste , impérissable. »

Le soir vint, puis vint l’aurore; jamais, jamais je ne m’arrêtai; mais toujours me demeurait caché ce que je cherche, ce que je veux.

Des monts se dressaient sur ma route , des torrents arrêtaient mes pas ; je jetais des chemins au-dessus des abîmes , des ponts sur le torrent fougueux.

Et je vins au bord d’un fleuve qui coulait vers l’Orient : me fiant gaiement à ce guide, je me jetai dans son sein.

Le caprice de ses ondes m’a emporté à une vaste mer : de-

t. De 1803

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