ASPIRATION
Ah! si, des profondeurs de cette vallée que presse un froid brouillard, je pouvais trouver une issue! Ah! que je me sentirais heureux! Là-haut j’aperçois de belles collines, toujours jeunes et toujours vertes. Ah! si j’avais des ailes, un rapide essor, vers ces collines je volerais.
J’entends résonner des harmonies , les doux concerts d’une céleste paix , et les vents légers m’apportent le baume des plus suaves parfums. Je vois briller des fruits ’d’or, qui, du milieu du sombre feuillage, me rient et m’invitent; et les fleurs qui là-haut fleurissent ne sont la proie de nul hiver.
Ah! quel délice ce doit être d’errer là-haut, à la lumière d’un soleil éternel! et l’air sur ces hauteurs.... oh! comme il doit vous ranimer! Mais le torrent fougueux, qui mugit avec rage , m’oppose sa barrière : si hautes sont ses vagues que mon âme frissonne de terreur.
Je vois flotter une nacelle, mais, hélas! point de nautonier! N’importe, entrons sans hésiter! Ses voiies sont animées, li
Invraisemblablement du mois de juin IROl.
POÉSIES DÉTACHÉES
faut croire, il faut oser, car les dieux ne donnent pas de gage; seul un miracle te peut porter dans le beau pays des miracles.
IIÉRO ET LÉANDRE'.
Voyez-vous li-bas ces châteaux, gris de vieillesse, qui se regardent d’une rive à l'autre ? Us brillent aux rayons dorés du soleil, aux lieux où l’Ilellespont roule ses flots mugissants entre les roches élevées, porte des Dardanelles! Entendez-vous le bruit de ces lames qui se brisent furieuses sur les écueils? Elles ont pu arracher l’Asie de l’Europe ; mais l’amour, elles ne l’effrayent pas.
La sainte et divine puissance d’amour toucha de sa fléclie de douleur les cœurs d’Iléro et de Léandre. lléro , belle et florissante comme Hébé; lui , parcourant , vigoureux, les montagnes, dans le tumulte de ,1a chasse. Mais la colère ennemie de deux pères séparait ce couple uni, et le doux fruit de l’amour était suspendu sur l’abîme du danger.
Là-bas, dans la tour, sur les rocs de Sestos, que bat éternellement, de ses vagues fougueuses, l’Hellespont écumant, la jeune fille était assise, solitaire et frémissante, regardant vers la côte d’Abydos où demeure son bien-aimé. Hélas! vers cette plage lointaine nul pont ne fraye un chemin ; nulle barque ne quitte le rivage : l’amour cependant sut trouver la roule.
L’amour guide , avec un fil sûr, hors des détours du labyrinthe; il rend avisé le plus simple; il plie au joug les bêtes