AU BORD DU RUISSEAU
Prè-s de la source était assis le jeune adolescent : il se tressait une guirlande de fleurs, et scs fleurs , il les vit flotter emportées par les eaux. « Ainsi mes jours s’écoulent sans délai, comme la source! Ma jeunesse tôt se décolore, comme se fanent les guirlandes.
« Xe demandez pas pourquoi je m’afflige au temps fleuri de la vie! Tout se réjouit et espère, quand le printemps se renouvelle ; mais ces mille voix de la nature renaissante n’éveillent au fond de mon cœur que l’amer chagrin.
« Que m'importe la joie que m’offre le beau printemps? Il en est une, une seule que je cherche; elle est proche et éternellement loin. Avec ardeur j’étends les bras vers ce fantôme chéri. Hélas! je ne puis l’atteindre, et la soif de mon cœur n’est pas étanchée.
« Descends à moi , beauté charmante, quitte ton orgueilleux palais ! Les fleurs que le printemps fit naître , je les répandrai sur tes genoux. Écoute, le bocage retentit de doux chants; la source coule avec un clair murmure! Dans la plus petite chaumière , il y a assez de place pour un heureux couple qui s’aime ! »
1. One romance est de 1803. Schiller l’a ins£rée dans le IV'acte (scène iv) de sa tmJuction libre de • llèdiocre et rampant ou le Moyen de parvenir, ■> comédie .de Picard , qu’il a intitulée en allemand ; Der PtirasU oder die À'unat sein Gluck au machen.
POÉSIES DÉTACHÉES