‹ Œuvres de Schiller. Tome 1, Poésies de SchillerChapitre 76 sur 311 · DIGNITÉ DES FEMMES · texte numérisé non relu

DIGNITÉ DES FEMMES

.Mais, puissantes par la prière doucement persuasive, les t'einnies tiennent le sceptre des mœurs. Elles éteignent la discorde qui s'enflamme et fait rage; elles apprennent aux forces ennemies qui se haïssent à s'embrasser dans l'aimable accord de la Forme'; elles unissent ce qui toujours se fuit’.

1. Le mot « Forme » a ici le même sens philosopliûjue que dans le poSme précédent.

2. A la suite de cette strophe, lUImonncii des Mutes contenait encore les trois suivantes :

c Oubliant son humanité , la vaine présomption de l’homme ose se mesurer avec les êtres surhumains chez qui le désir n’a nul accès. Il dédaigne tiérenient la direction de la nature qui doucement le conseille; il s’élance dans les espaces célestes et perd la trace de la terre, c Mais, par la voie plus vraie des sentiments, la femme marche au but divin, qu'elle atteint sans bruit, mais plus sûrement. L’humanité, que l'homme nu dompte qu’en égorgeant, elle s’etforce de la porter aux astres sur le char ailé de la beauté.

c Sur le front de l’homme siège, roi sublime, le devoir; mais ce dominateur cruel n’épargne pas ce qu’il domine. La révolte des sentiments déshonore la victoire de la pensée, et la lutte éternelle garantit seule l'éternité de la victoire.

c Mais, dans la femme, la paix de la passion est conclue pour des temps inlinis; la saint pouvoir de la nécessité veille sur la fleur précieuse de la pudeur; il veille, dans le cœur de la femme, sur la vertu, pour qui la volonté n’est qu’un gardien sans foi.

« Arraché du sein de l’innocence , l’homme gravit vers l'idéal par une science éternellement discordante, où son cœur ne peut trouver le repos; il vacille, d’un |ias incertain, partagé entre la fortune et le droit, et perd ce Juste et beau milieu où l’humanité est heureuse de s’arrêter. < Mais dans la figure glorieuse delà femme, sous un voile d'innocence enfantine, se cache la haute et pure volonté. Dans la simplicité charmante des traits brille ensemble la perfection de l’humanité et son berceau : le pouvoir do l'enfant et le [louvuir de l'ange y régnent à la fuis. >

POÉSIES DÉTACHÉES

• Il

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