ACTE lii, SCÈNE I
moi dans la pièce en-bas une plume et de l’encre. Je suis impatient de tranquilliser le cœur de la pauvre Louisa. — ( 11 appelle.) Holà! Louis! Sancho!
Entrent plusieurs DOMESTIQUES.
Jérôme, continuant.
Préparez un magnifique souper ce soir dans le salon ; qu'on serve mes meilleurs vins, et procurez-moi des musiciens ; vous m’entendez ?
ÜPt DOMESTIQUE.
Oui, seigneur.
Ils sortent.
jérome, continuant.
Que toutes les portes soient ouvertes à double battant ; qu’on admette tous les convives sans distinction, masqués ou non masqués.— Je veux qu’il y ait fête cette nuit; et je leur montrerai ce que c’est qu’un vieillard qui se met en joie.
Il chante.
Au temps heureux de ma jeunesse,
Sans nul souci du lendemain,
Le jour aux pieds de ma maîtresse,
La nuit une coupe à la main,
Je faisais, narguant la fortune.
Deux parts des rigueurs du destin.
Mes vingt ans galment portaient l’une ,
Je noyais l’autre dans le vin.
La vérité, dit-on, habite
Au fond d’un puits ; Dieu sait pourquoi.
Pour les buveurs d’eau, c’est son gîte ;
Prenant an verre.
Mais c’est ici qu’elle est pour moi.
O Bacchus I ta liqueur vermeille Fait tomber tout masque emprunté ;
Et c’est au fond d’une bouteille Que se trouve la vérité.
Ma force, il est vrai, m'abandonne ;
Sous le poids des ans je fléchis ;
Et le temps chaque jour moissonne Sur mon front mes cheveux blanchis.
Ma is en dépit de la vieillesse,
L’esprit est sain, le coeur est fort.
Une étincelle de jeunesse Sous ma glace jaillit encor.
Il sert
LA DUÈGNE