‹ Œuvres de Shéridan traduitesChapitre 109 sur 357 · ACTE III, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE III

CLARA

Sans cela, pourquoi me cacherais-je sous ce déguisement

Qui sait ? peut-être parce que ce costume te sied bien ; car je ne pense pas que ton intention soit de rester religieuse toute ta vie.

CLARA

Ce n’aurait jamais été mon intention si Ferdinand ne m’avait pas si gravement offensée la nuit dernière.

Allons, allons; la crainte seule de te perdre l’a rendu si téméraire.

CLARA

Sans doute qu’à tes yeux je suis bien cruelle ; mais je te jure que s’il était ici en ce moment, je ne sais point si je ne lui par- - donnerais pas.

Bile chante.

Ah 1 contre l’objet qui nous charme Nous ne nous fichons qu’à moitié;

Un jour d’absence nous désarme ;

On le voit ; tout est oublié.

Hier soir, je chassai ton frère ;

Je l’accablai de ma rigueur ;

Et sa conduite téméraire Méritait de perdre meu cœur.

Mais maintenant, bien qu’offensée,

Si je voyais l’audacieux,

A travers ma fierté blessée Son pardon serait dans mes yeux.

En vérité, Clara, je commence à croire que tu es fermement résolue à faire ton noviciat.

CLARA

Sérieusement, je ne sais, en vérité, si le rôle de religieuse ne serait pas celui qui me conviendrait le mieux.

C’est un rêle qu’on peut adopter comme déguisement; mais jamais jolie femme dans son bon sens après avoir pris le voile ne songera à le garder au-delà d'une soirée.

CLARA

Je vois revenir ton Antonio! Ma présence serait importune. Ah! Louisa, avec quelle joie, quel empressement tu te tournes pour 1 voix 1

Vile s’éloigne.

m LA DUEGNE.

Arrive ANTONIO.

ANTONIO

Eh bien ! ma Louisa, y a-t-il du nouveau depuis que je t’ai quittée T

Rien ; le messager envoyé vers mon père n'est pas encore de retour.

ANTONIO

J'avoue que je ne vois pas trop ce que nous avons à attendre de lui.

N’importe, je serai plus tranquille après cette épreuve faite. Je ne doute pas de votre sincérité. Antonio ; mais la pauvreté vit dans une atmosphère glaciale, qui souvent tue l'affection chez ceux qui n’y sont pas acclimatés dès l’enfance. Si nous voulons faire de l’amour notre dieu pénale, assurans-lui un logis confortable.

antonio chatte.

Que de fois tu m’as dit, — et la beauté que j’aime Ne rétractera pas son langage en ce jour, —

Contre l'éclat du diadème,

Va, je ne voudrais pas échanger ton amour.

Et moi, par cette main, dans la mienne pressée, i

Par ces lèvres de rose, et cette douce voix, '

Interprète de ta pensée, *

Contre tous les trésors, et le sceptre des rois,

Je n’échangerais pas ma belle fiancée.

Pourquoi nous plaindre, amie? ehl quel sceptre, dis-moi.

Nous donnerait les biens que notre amour nous donne?

Tu régneras sur moi ; mon cœur sera ton trône ;

Et moi, fier d’ètre aimé de toi,

Dans mon bonheur je serai roi.

Riches de notre amour inépuisable, immense,

Plongés dans les plus doux transports,

Va, tes baisers seront mon opulence ;

En réserve les miens ont pour toi des trésors.

Arrive LA FEMME DE CHAMBRE de Louisa , une toute* la ma».

louisa, prenant la lettre.

C’est sans doute la réponse de mon père.

ANTONIO

Ma chère Louisa, vous pouvez être certaine qu’elle ne contient, que des menaces et des reproches.

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