ACTE III, SCÈNE IV
CLARA
Ils sont allés recevoir la bénédiction nuptiale, je pense.
FERDINAND
Fort bien ; — assez. Je vais troubler leur hyménée.
Il s'él .igné.
Clara, seule, relevant son voile.
Je croyais que la jalousie rendait les amans clairvoyans ; mais il parait qu’elle a rendu le mien aveugle. Le mensonge de Louisa m’explique cette erreur ; et je suis charmée d’avoir sur lui un pouvoir assez grand pour le rendre malheureux à ce point. Mais pourquoi ne serais-je pas témoin de sa surprise, au moment où il reconnaîtra son erreur? Quand il aura franchi le portail, je le suivrai; et peut-être Louisa ne sera-t-elle pas la seule qu’on mariera aujourd'hui.
Elle chante.
Adieu, vieux murs empreints de deuil et de terreurs.
Où s’élèvent sans cesse, à travers le silence,
Les soupirs de la péuitence ;
Et vous qui, languissant dans ce lieu de douleurs,
Offrez à l’Étemel vos hymnes et vos pleurs,
Adieu, vestales gémissantes.
Contre des scènes plus riantes Je vais échanger ce séjour,
Cette prison des saints, ce tombeau de l’amour.
Elle s'éloigne.