‹ Œuvres de Shéridan traduitesChapitre 119 sur 357 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

Un grand salon.

Entrent DON JÉROME, LOPEZ et plusieurs DOMESTIQUES.

JÉROME

Ayez soin que tout se passe convenablement. Que tous mes domestiques aient la joie peinte sur le visage ; mais recommandezleur de se griser le moins possible jusqu'à ce que le souper soit fini. Eh bienl Lopez, oit est ton maître? Ne l’aurons-nous point à souper?

LOPEZ

Je ne le pense pas, seigneur ; je le crois fou ; il m’a effrayé au point de m’obliger à éviter sa présence.

JÉROME

11 a sans doute quelque fille en tête; c’est un jeune libcrlin ! N’importe, nous saurons nous égayer sans lui.

E=tre UN DOMESTIQUE.

LE DOMESTIQUE

Seigneur, voici le seigneur Isaac.

Entre ISAAC.

JÉROME

Vous voilà, mon cher gendre; recevez ma bénédiction et mon pardon. Mais où est ma fille? où est Louisa?

ISAAC

Elle est dans la pièce voisine, brûlant d’obtenir votre bénédiction , mais n’osant prendre sur elle d’entrer.

168 LA DUÈGNE

JÉROME

Allez la chercher, et amenez-la.

Isaac sort.

Jérôme, continuant.

La pauvre fille! Je suis impatient de revoir son joli visage. isa ac, de l’extérieur.

Venez, mon enchanteresse, mon ange timide et tremblant. Entrent ISAAC et LA DUÈGNE. Don Jérôme court au-devant d'eux. JÉROME.

Viens dans mes bras, ma — (Il recule saisi d'étonnement.) Qui diable vois-je là?

ISAAC

Allons, don Jérôme, vous avez promis de lui pardonner ; voyez son attitude suppliante.

JÉROME

J'ai bien à faire de son attitude! Dieu me bénisse, c’est la vieille Marguerite 1 Mais où est ma fille? où est Louisa?

ISAAC

Mais elle est là, devant vous. — Ne soyez pas honteuse, ma charmanlo épouse.

JÉROME

Qu’entends-je! Auriez-vous par hasard épousé la duègne?

la duègne, mettant un genou en terre.

O cher père! vous ne me renierez pas, j’en suis sûre.

JÉROME

Moi, ton père, ton père! Parbleu, tu es aussi impudente que tu es laide !

ISAAC

Relevez-vous, ma charmante; enlacez autour de son cou vos bras d'albâtre, et convainquez-le que vous êtes...

LA duègne, embrassant don Jérôme.

O mon père, pardonnez-moi !

JÉROME

Au secours ! au meurtre !

LES DOMESTIQUES , UCCOUTant.

Qu’y a-t-il, seigneur?

JÉROME

C’est ce damné de juif qui m’a amené ici cette vieille sorcière pour m'étrangler.

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