ACTE II, SCÈNE II
LE LIEUTENANT
Assurément, mademoiselle; monsieur sait que je suis incapable de vous manquer de respect.
' LAUBETTE.
Écoutez-moi, papa; je vais vous dire comment la chose est arrivée. Je me suis sentie subitement saisie d’un étourdissement; Homfroy, me voyant chanceler, est accouru à mon aide, tout effrayé, le pauvre garçon, et m'a prise dans ses bras.
LE JUGE
Oh ! est-ce là tout? — Rien qu’un léger étourdissement?
LE LIEUTENANT
Voilà tout, monsieur. Voyant mademoiselle changer de couleur, j'ai couru à elle.
LE JUGE
C’était très-humain de votre part.
Et j’ai réussi à lui faire reprendre connaissance.
LE JUGE
Et qui vous a donné le brevet de docteur, impudent coquin? Sortez de ma présence, vous dis-je, à l’instant même, ou par tous les statuts — v
LAURETTB.
O papa, vous m’effrayez, et voilà que de nouveau je me trouve mal. — Je me meurs 1
LE LIEUTENANT
Oh ! la chère demoiselle! elle va tomber!
Il la reçoit dans ses bras.
LE JUGE
Mort de ma vie! quoi! devant moi! — Eh quoi! miracle d’impudence! ( Il saisit le lieutenant au collet, et le reconnaît.) Merci de moi ! Que vois-je? Au meurtre ! au voleur! au feu! de la poudre! des soldats! John! Suzanne! Brigitte!
LE LIEUTENANT
Mon cher monsieur, ne vous alarmez pas ; je ne vous veux au cun mal.
LE JUGE
Au filou! au voleur! des soldats!
LE LIEUTENANT
Vous connaissez mon amour pour votre fille —
LE JUGE
Au feu ! des coupe-jarrets !
LA SAINT-PATRICK
LE LIEUTENANT
C’est l’unique motif —
LE JUGE
Trahison! poudre à canon !
Arrive UN DOMESTIQUE armé d'une espiogole. le juge, continuant.
Coquin! làchc-la sur-le-champ!
LAURETTE
O papa! vous me ferez mourir !
LE JUGE
Honnête Homfroy, prenez garde. — Tar ici, mademoiselle, s'il vous plaît.
LE LIEUTENANT
Monsieur, veuillez m'entendre —
LE JUGE
Gare que je ne vous envoie une balle dans le corps.
LE LIEUTENANT
Vous me faites injure.
LE JUGE
Arrière, ou je fais feu 1— Sur ce, votre très-humble serviteur, honnête Homfroy Hem 1
Le lieutenant t’éloigne d’un cité , le juge et sa fille do l'autre.