SCÈNE III
Une autre partie de la promenade publique.
Arrive LE DOCTEUR VERMEIL.
LE DOCTEUR
Allons, maintenant mon ami ne saurait manquer de réussir. Ah! il a le cœur rempli d’espoir, de crainte, de doute et d’anxiété; la fièvre d’amour le dévore; le jour il s’impatiente, il languit; la nuit il brûle, il ne peut fermer l'œil. Ah ! voilà justement comme j'étais quand je soupirais pour ma pauvre chère Dorothée ! quand elle se trouvait chaque jour prise de coliques, afin qu'on envoyât chercher son petit docteur. — Alors j’interprétais le langage de son pouls, — je traçais les tourmens de mon cœur dans l’ordonnance que je laissais pour elle; — je lui envoyais un collier de perles dans une boîte à pilules, ou une potion calmante avec un acrostiche. Allons, ces temps ne sont plus; nulle félicité n’est durable, tout est vanité. — Aujourd’hui le soleil, demain la pluie ; — le roi et le mendiant sont égaux. — Que sert donc —