ACTE 11 , SCENE I
suffisant pour lui donner accès au cœur de toute femme dont le rang est inférieur à celui de pairesse.
TOWNLEY.
11 est assez fat pour que rien ne doive étonner de sa part; mais je serais désolé que vous vous fussiez attiré à son sujet quel que méchante affaire.— J'espère que sa vie n’est pas en danger?
LOVELESS.
Pas le moins du monde. Il est tombé entre les mains d’un madré chirurgien qui, je le crois, se propose de mettre sa peur à contribution; mais j’ai vu sa blessure, — ce u’est rien. — 11 peut aller au bal ce soir, s'il lui plaît.
TOWNLEY.
Je suis charmé que vous l’ayez corrigé sans que la chose entraîne des suites fâcheuses ; dans le cas contraire, vous m’auriez privé du plaisir de mettre à exécution contre sa seigneurie un complot que j’ai tramé avec l’une de vos anciennes connaissances.
LOVELESS.
Veuillez m’expliquer —
TOWNLEY.
Son frère, Tom Fashion, est arrivé ici, et nous nous proposons d’épargner au noble pair les embarras du mariage qu’il projette; mais votre aide nous est nécessaire. Tom serait venu vous voir, mais il s’occupe des préparatifs de son entreprise, et je lui ai promis de vous conduire auprès de lui ; si donc ces dames veulent bien vous le permettre —
J’irai avec vous de grand cœur. — ( A part.) J’aurais pourtant préféré rester, afin de contempler plus long-temps cette adorable créature. — Grand Dieu ! qu’elle est séduisante ! — Mais qu’ai-je affaire avec la beauté? Je dois être content du lot que je possède, et il ne m’est pas permis d'en convoiter davantage.
AMANDA
Monsieur Loveless, j’ai un mot à vous dire avant que vous partiez.
Le colouel Townley sort.
LOVELESS.
Que me voulez-vous, ma chère?
amanda, le prenant A part.
J’ai à vous adresser une question puérile, une vraie question de femme. — Comment trouvez-vous ma cousine?
LOVELESS.
Déjà de la jalousie, Amanda?
1 MANDA
Nullement. — J’ai une autre raison pour vous faire cette demande.
loveless, à part.
Quels que soient ses motifs, je ne dois pas lui dire la vérité. - ( Haut .) J'avoue que je la trouve fort belle: mais, je le dis sans vouloir en rien déprécier votre parente, de toutes les femmes dignes de ce nom, elle est la dernière qui triompherait de moi.
AMANDA
Je suis satisfaite.
LOVELESS.
Pourquoi m’avez-vous fait cette question?
AMANDA
Je vous le dirai ce soir. — Adieu.
loveless, l’embrassant.
Adieu.
Il sort.
AMANDA, à part.
Je suis charmée de voir qu’il ne l’aime pas; car j’ai grande envie de l’engager à venir demeurer avec moi.
BÉIUNTHIA, d part.
Ho! ho! je vois que mon colonel continue ses grands airs : il doit y avoir là-dessous quelque chose de plus que les sujets de plaintes qu’il prétend avoir contre moi.
AMANDA
Au nom du ciel, Bérinthia, dis-moi quel moyen je dois em ployer pour t’engager à venir demeurer chez moi.
BÉRINTHIA.
Il n’y a pour cela qu’un moyen.
AMANDA
Quel est-il?
C'est de m'assurer que ma présence fera plaisir.
AMANDA
Si c'est là tout, tu coucheras ici cette nuit même.
BÉRINTHIA.
Cette nuit?
AMANDA
Oui, cette nuit.
BÉRINTHIA.
Mais les gens chez qui je loge me croiront folle.