ÉR1NT11IA
Quant au lord, c’est un fat achevé : quant à l’autre, je puis vous assurer qu’il n’y a pas d’homme en cette ville qui soit mieux venu des femmes dont l’estime a quelque valeur.
AMANDA
Et c’est là l’opinion que j’ai toujours eue de lui. — ( Prenant la main de Birinthia.) Il faut que je te confie un secret. — Ce lord imbécile n’est pas le seul qui m’ait parlé d’amour. Townley aussi m'a fait des avances.
BÉRINTHIA, à part.
Ah ! ah ! voilà le mystère qui se révèle ! — (Haut.) Le colonel Townley ? impossible, ma chère !
AMAN DA
Rien de plus vrai; toutefois ses avances ont été vaines; et je pense qu’il n’est au pouvoir d’aucun homme, quel que soit son mérite, d'ébranler la tendre affection que je porte à mon mari. . Cependant, te l’avouerai-je, Bérinthia, ses prétentions ne m’ont point choquée comme l’auraient fait celles d'un homme que j’aurais méprisé.
bérinthia, à part.
Toujours de mieux en mieux. — (Haut.) C’est bien dit, ma chère innocente! Et tu penses donc réellement que rien ne saurait affaiblir ta fidélité et ton attachement à ton mari ?
AMANDA
llien au monde, j’en ai la conviction.
BÉRINTHIA.
Et si tu venais à découvrir qu’il te préfère une autre femme?
AMANDA
Eh bien?
BÉRINTHIA.
Comment, eh bien? Si j’étais l’être qu’on nomme une épouse négligée, je sais bien qui courrait le risque de devenir cet être qu’on nomme — un mari. — Ne trouves-tu pas que, je déraisonne?
AMANDA
Tu déraisonnes, en effet.
BÉRINTHIA.
Cependant, c’est fort innocemment.
AMANDA
Je n'en doute pas; je sais la part qu’il faut faire à ton caractère. — Tu as donc résolu de ne plus te remarier?
BÉRINTHIA.
J'ai résolu tout le contraire.
AMANDA
Comment cela?
BÉRINTHIA.
Puissé-je ne me remarier jamais t
AMANDA
Tu veux m’intriguer.