‹ Œuvres de Shéridan traduitesChapitre 174 sur 357 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

Un appartement chez lord Fat-inglon.

Entrent LORD FAT-INGTON et LAMÈCHE.

Holà, maraud, dis qu’on m’amène mon cabriolet.

LAMÈCI1K.

Votre seigneurie veut-elle sitôt s’exposer au grand air?

FAT-INGTON.

Je veux aussitôt que possible m'exposer au contact du beau sexe.

LAMÈCHE.

Votre seigneurie ferait bien, je crois, de garder le logis quelque temps encore ; considérez donc votre blessure.

FAT-INGTON.

Ma blessure ! je ne voudrais pas m’éclipser un jour de plus quand j'aurais autant de blessures sur le corps que j’en ai eu au cœur. Ainsi donc, ne manque pas, Lamèche, de remettre ces cartes à leurs adresses ; ce soir j’irai rendre mes devoirs à mon beau-père, sir Ventru; et je me propose de commencer ma cour auprès de la jeune personne en donnant un grand dîner aux dépens de son père. Tu diras à M. Loveless que je le prie de vouloir bien, lui et sa compagnie, m’honorer de sa présence, sinon je croirai que nous ne sommes plus amis.

LAMÈCHE.

Je n’y manquerai pas, mylord.

Il sort.

Entre LE JEUNE FASHION.

FASHION

Mon frère, je suis votre serviteur ; comment vous trouvez-vous aujourd’hui ?

FAT-INGTON.

Tellement bien que j’ai commandé mon carrosse ; ainsi, pour cette fois, Tom, il n’y a pas danger de mort.

FASHION

J’en suis bien aise.

fat-ington, d part.

Je n’en crois rien. — (Haut.) J’ai une question à te faire, Tom : ton cœur n’a-t-il pas battu de joie quand tu as appris qu’on m’avait passé une épée au travers du corps?

FASHION

Pourquoi mon cœur aurait-il battu de joie ?

fat-ington.

Parce que c’est le sentiment que j’ai éprouvé quand j’ai su que mon oncle avait reçu une balle dans la tête.

FASHION

C’était fort mal à vous.

FAT-INGTON.

Pourquoi cela ?

FASHION

Parce qu’il en avait usé parfaitement bien à votre égard.

Lui ! il s’en faut de beaucoup, ma foi ! il me laissait mourir

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