‹ Œuvres de Shéridan traduitesChapitre 192 sur 357 · SCÈNE m · texte numérisé non relu

SCÈNE m

* Le boudoir de Bérinthia.

Entre LOVELESS.

LOVELESS.

Allons, — jusque là tout va bien; — j’ai pénétré jusque dans son boudoir, et comme il fait nuit, je pense que personne ne m’aura vu entrer dans la maison. J’ai entendu Bérinthia dire à ma femme qu’elle avait quelques lettres à écrire ce soir avant de sc rendre chez sir Ventru Lourdoff, et en effet voici tout ce qu’il faut pour écrire; réunissons tout ce que j’ai d'assurance pour me montrer quand elle viendra; je crois qu’elle m’a donné des encouragcmens, et je dois rendre cette justice à mon impudence, j’ai Su habilement les mettre à profit.— J’entends une porte s’ouvrir; quelqu’un vient; si c’était ma femme! que diable lui dits.

rais-je? — Je crois qu’elle a des soupçons sur mon compte, et, en vérité, je ne mérite pas sa tendresse ! Quoi qu’il en soit, je suis décidé à me corriger; mais pas encore. — Ah: Bérinlhia! cachons-nous ici jusqu’à ce que j'aie vu dans quelle humeur elle se trouve.

Il entre dans un calmiel.

Entre BÉR1NTHIA.

BÉRINTU1A. +

Y eut-il jamais une situation plus déplaisante? Rester là assise, et l’entendre à ma face complimenter Amanda ! Ils me font tous deux perdre patience. Je ne voudrais pas pour beaucoup que Lovcless connût le dépit qu’ils m’ont donné; cependant, je ne puis souffrir qu’ils restent en tête-à-téte ; non, — je vais ranger mes papiers et retourner les rejoindre, ne fût-ce que pour les^ contrarier. [Elle s'approche du cabinet.) Mon Dieu, uii spectre! un spectre 1 un spectre 1

LOVELESS sort du cabinet.

LOYBLESS.

Chut, mon ange, je ne suis pas un spectre; mais un homme qui vaut des milliers d’esprits.

BÉR1NTMA.

Comment, monsieur, vous auriez l'insolence, la présomption de — Rentrez, — quelqu’un vient.

Loveless rentre dam le cabinet.

Entre LA FEMME DE CHAMBRE.

LA FEMME DE CHAMBRE

O mon Dieu, madame, qu’y a-t-il donc?

BÉRINTH1A.

O ciel, je viens d’avoir une peur! j’en suis encore tout hors de moi! J’ai cru voir un spectre, et ce n’était qu'une coiffe noire attachée au mur par une épingle. — Tu peux te retirer; — je suis une sotte qu’un rien épouvante.

La femme de chambre sort.

LOVELESS sort du cabinet.

LOVELESS.

Le champ est-il libre?

BÉR1NTH1A.

Si le champ est libre? En vérité, je m’étonnéi de votre assurance.

LOVBLESS.

Attendez pour vous étonner que je vous en aie donné des preuves. Mais où est ma femme?

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