SCÈNE I
Un jardin. — Il fait nuit. — Clair de lune.
Arrive LOVELESS.
LOVELESS.
Est-ce que par hasard elle se serait moquée de moi? Je n’attendrai pas beaucoup plus long-temps, car ma femme ne tardera pas à me chercher pour nous réndre au souper auquel nous sommes invités. L’attente est toujours ennuyeuse en diable ; — mais attendre sa maîtresse en retard est ce qu'il y a de pis au monde. — Mais cessons de l’accuser; la voilà qui s’approche le sourire sur les lèvres ; elle va me payer d’un an d’anxiétés.
Arrive BERINTHIA.
loveless, continuant.
O Bérinthia, que de tendresses il vous faudra pour vous acquitter envers moi! si vous aviez tardé cinq minutes de plus,—
BÉltlNTHIA.
Vous seriez parti sans doute.
LOVELESS , à part.
Elle dit, ma foi, vrai.
BÉRINTHIA.
Et peu s’en est fallu , je vous jure, que je ne vinsse pas du tout. Tout considéré, je pense que vous êtes trop dangereux pour qu’on s’aventure à se jouer à vous ; et comme il est probable que je finirai par me moquer de vous, il vaut mieux, je crois, laisser les choses où elles en sont.
LOVELESS.
Vous ne parlez pas sérieusement, sans doute?
BÉRINTHIA.
Que puis-je faire de plus pour un homme marié?
NV
LOYELBSS.
Quel surcroît de cruauté de me rappeler mon infortune!
BÉRINTHIA.
Quelle infortune y a-t-il à être l'époux d’une femme aussi charmante qu’Amanda?
LOVELESS.
Je vous accorde tout son mérite, mais— corbleu! voyez ce que c’est que de m’avoir parlé d’elle, ma mauvaise étoile nous l’amène, et Townley l’accompagne. — Je veux les observer.
BÉRINTUIA.
Mon Dieu ! nous ferions mieux de nous en aller ; car je serai tout aussi embarrassée que vous en sa présence.
LOVELESS.
Si je ne me trompe, je vois Townley s’avancer de ce côté; il faut que j’approfondisse un peu cette affaire !
Il se range à l'écart.
.. BÉRINTIIIA.
Ch! puisque telle pst votre intention, je ne serais pas femme si je me laissais surpasser en curiosité.
Elle se met pareillement i l'écart.
Arrive AMANDA.