ACTE V, SCÈNE II
Un impudent drôle, ne sachant pas que je suis arrivé ici incognito, a pris mon nom dans l’espoir de vous enlever.
Oh! l’effronté scélérat! il est fort heureux que nous soyons mariés, sans quoi nous courrions risque de ne l’être jamais. fasihon, à part.
La chose est très-probable. — ( Haut. ) Nourrice, allez vite trouver sir Ventru, et ‘empêchez qu’il ne se rende à la porte extérieure avant que je lui aie parlé.
LA NOURRICE
Si votre seigneurie le permet, ma maîtresse et moi nous irons nous renfermer jusqu’à ce que le danger soit passé.
FASHION
Ce sera bien vu.
GEORGETTE
Un moment ; je ne veux plus qu’on me renferme maintenant que je suis mariée.
FASHION
Consentez-y, ma chère, jusqu’à ce que nous nous soyons emparés du scélérat. •
GEORGETTE
Oh ! si vous m’en priez, il n'est rien que je ne fasse.
Miss Georgclle et la nourrice sortent.
FASHION, à Lory.
Écoute ; les choses sont en meilleur train que tu ne l’imagines. Le mariage est conclu.
LORV.
Que diable dites-vous?
Pas un mot. — Tout va pour le mieux; — mais sir Ventru l’ignore, et il n’est pas temps encore qu’il en soit informé; je veux payer d'impudence et avoir le plaisir de rejeter sur le compte de sa seigneurie le reproche d’imposture, ce qui, je crois, est facile.
Entre SIR VENTRU LOURDOFF.
FASHION , continuant.
Avez-vous jamais, monsieur, ouf parler d'une tentative aussi impudente?
SIR VENTRU
Jamais, sur ma parole ; mais nous lui chatouillerons les côtes, je vous en réponds.
FASH10N.
On m'assure, monsieur, qu’il a auprès de lui un grand nombre de gens déguisés en laquais.
SIR VENTRU
Oui, les drôles sont nombreux, mais nous en sommes venus à bout; il a suffi de quelques décharges en l'air pour mettre tout le régiment en fuite. — Holà, Thomas ! amène-nous le prisonnier.
FASHION
Si vous le permettez, sir Ventru, je crois qu'il sera bon que je ne paraisse pas en présence du drôle, jusqu'à ce qu’on ait vu jusqu’où il porte l’impudence.
SIR VENTRU
Parbleu, votre seigneurie est une personne avisée; que votre seigneurie veuille donc se retirer.
LORV.
Par le ciel! j’approuve la réserve de mon maître.
Lory et Fashion sortent
Entrent plusieurs domestiques conduisant LORD FAT-1NUTON désarmé.
SIR VENTRU
Voyons, qu'on l’amcne, qu'on l’amène.
FAT-INGTON.
Que diantre est-ce que cela signifie, messieurs? Eât-ce jour de foire, que vous êtes tous ivres avant souper?
SIR VENTRU
Ivres, drôles! Voilà parbleu un impudent coquin! Ivre ou à jeun, maraud, je suis magistrat du comté, et je sais comment traiter les vagabonds.
FAT-INGTON.
Les vagabonds !
sin VENTRU.
Oui, les vagabonds. Voyons, dis-moi qui tu es? Quel est ton nom? Où demeures-tu? Payes-tu l'impôt de la paroisse? Es-tu propriétaire ou tenancier?
FAT-INGTON.
Et pourquoi me fais-tu toutes ccs questions impertinentes?
Parce que je veux que tu y répondes avant que je te relâche, gueux que tu es.
FAT-INGTON.
Dieu m’est témoin que tout ce que je peux répondre, c’est que