‹ Œuvres de Shéridan traduitesChapitre 199 sur 357 · ACTE V, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE II

Un impudent drôle, ne sachant pas que je suis arrivé ici incognito, a pris mon nom dans l’espoir de vous enlever.

Oh! l’effronté scélérat! il est fort heureux que nous soyons mariés, sans quoi nous courrions risque de ne l’être jamais. fasihon, à part.

La chose est très-probable. — ( Haut. ) Nourrice, allez vite trouver sir Ventru, et ‘empêchez qu’il ne se rende à la porte extérieure avant que je lui aie parlé.

LA NOURRICE

Si votre seigneurie le permet, ma maîtresse et moi nous irons nous renfermer jusqu’à ce que le danger soit passé.

FASHION

Ce sera bien vu.

GEORGETTE

Un moment ; je ne veux plus qu’on me renferme maintenant que je suis mariée.

FASHION

Consentez-y, ma chère, jusqu’à ce que nous nous soyons emparés du scélérat. •

GEORGETTE

Oh ! si vous m’en priez, il n'est rien que je ne fasse.

Miss Georgclle et la nourrice sortent.

FASHION, à Lory.

Écoute ; les choses sont en meilleur train que tu ne l’imagines. Le mariage est conclu.

LORV.

Que diable dites-vous?

Pas un mot. — Tout va pour le mieux; — mais sir Ventru l’ignore, et il n’est pas temps encore qu’il en soit informé; je veux payer d'impudence et avoir le plaisir de rejeter sur le compte de sa seigneurie le reproche d’imposture, ce qui, je crois, est facile.

Entre SIR VENTRU LOURDOFF.

FASHION , continuant.

Avez-vous jamais, monsieur, ouf parler d'une tentative aussi impudente?

SIR VENTRU

Jamais, sur ma parole ; mais nous lui chatouillerons les côtes, je vous en réponds.

FASH10N.

On m'assure, monsieur, qu’il a auprès de lui un grand nombre de gens déguisés en laquais.

SIR VENTRU

Oui, les drôles sont nombreux, mais nous en sommes venus à bout; il a suffi de quelques décharges en l'air pour mettre tout le régiment en fuite. — Holà, Thomas ! amène-nous le prisonnier.

FASHION

Si vous le permettez, sir Ventru, je crois qu'il sera bon que je ne paraisse pas en présence du drôle, jusqu'à ce qu’on ait vu jusqu’où il porte l’impudence.

SIR VENTRU

Parbleu, votre seigneurie est une personne avisée; que votre seigneurie veuille donc se retirer.

LORV.

Par le ciel! j’approuve la réserve de mon maître.

Lory et Fashion sortent

Entrent plusieurs domestiques conduisant LORD FAT-1NUTON désarmé.

SIR VENTRU

Voyons, qu'on l’amcne, qu'on l’amène.

FAT-INGTON.

Que diantre est-ce que cela signifie, messieurs? Eât-ce jour de foire, que vous êtes tous ivres avant souper?

SIR VENTRU

Ivres, drôles! Voilà parbleu un impudent coquin! Ivre ou à jeun, maraud, je suis magistrat du comté, et je sais comment traiter les vagabonds.

FAT-INGTON.

Les vagabonds !

sin VENTRU.

Oui, les vagabonds. Voyons, dis-moi qui tu es? Quel est ton nom? Où demeures-tu? Payes-tu l'impôt de la paroisse? Es-tu propriétaire ou tenancier?

FAT-INGTON.

Et pourquoi me fais-tu toutes ccs questions impertinentes?

Parce que je veux que tu y répondes avant que je te relâche, gueux que tu es.

FAT-INGTON.

Dieu m’est témoin que tout ce que je peux répondre, c’est que

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