ACTE III , SCENE I
MOÏSE
Oui, et n’ayant pas chez lui la somme comptant, il est obligé de vendre des effets publics à perte.
SIR OLIVIER
Comment ! il est obligé de vendre des effets publics à perte ? c’est en vérité bien obligeant de sa part.
SIR PÉTRUS
Ma foi, sir Olivier, — monsieur Laprime, veux-je dire,— vous allez bientôt connaître le métier à fond.
SIR OLIVIER
Moïse me continuera ses instructions chemin faisant.
SIR PÉTRUS
Vous n’aurez pas grand temps pour cela; car votre neveu demeure tout près d’ici.
SIR OLIVIER
Oh! soyez tranquille : j’ai pour instructeur un homme si habile, que, Charles demeurèt-ii à deux pas, ce sera ma faute, si avant d’avoir tourné le coin de la rue je ne suis pas un fripon accompli.
Sir Olivier Surface et Moïse sortent.
Je pense que maintenant sir Olivier va être convaincu : vous êtes partial, Rollct, et dans l’hypothèse du premier plan, vous auriez sans doute mis Charles à même de préparer son rôle.
ROLLET
Non, sur ma parole, sir Pétrus.
SIR PÉTRUS
Allez me chercher ce monsieur Vipère ; je serai tout-à-l’heure prêt à entendre ce qu’il peut avoir à me élire, — Je vois Maria, et j’ai besoin de lui parler.
Rollel sort
sir pétrus seul, continuant.
Je serais charmé d’obtenir l’assurance que mes soupçons contre lady Aigremont et Charles étaient injustes. Je ne me suis jamais découvert sur ce chapitre à mon ami Joseph. — Je suis décidé à le faire, — il me donnera son avis en toute sincérité.
Entre MARIA.
sir pétrus, continuant.
Eh bien! mon enfant, est-ce que monsieur Surface est revenu avec vous ?
MAHIA.
Non, monsieur; il avait affaire.
SIR PÉTRU3
Voyons, Maria, plus vous avez l’occasion de converser avec cet aimable jeune homme, plus vous devez vous convaincre que scs attentions pour vous méritent d’être payées de retour.
MARIA
Je vous avouerai, sir Pétrus, que je souffre douloureusement de vous voir revenir sans cesse sur ce sujet. — Vous m’obligez * à vous déclarer que de tous les hommes qui m’ont adressé leurs hommages, il n’en est pas un que je nepréférasse à monsieur Surface.
SIR PÉTRUS
Voilà, voilà de la perversité! — Non, non, Maria, c’est Charles seul que vous préférez. Il est évident que ses vices et ses extravagances ont séduit votre cœur
baria. +
Vous êtes injuste, monsieur. Vous savez que je vous ai obéi, en m’abstenant de le voir ou de correspondre avec lui ; j’en ai appris assez pour être convaincue qu’il est indigne de mon attachement. Toutefois, et je ne crois pas qu’on puisse m’en faire un crime, si ma raison condamne avec sévérité scs vices, mon cœur n'en compatit pas moins à ses malheurs.
SIR PÉTRUS
Bien, bien; ayez pitié de lui tant qu’il vous plaira ; mais donnez votre cœur et votre main à un plus digne objet.
MARIA
Jamais à son frère 1
SIR PÉTRUS
Allez, — fille obstinée et perverse! Mais prenez garde, made> moiselle; vous ne savez pas encore ce que c’est que l’autorité d’un tuteur; ne me forcez pas à vous l’apprendre.
MARIA
Tout ce que je puis dire, c’est que je ne vous donnerai aucun motif légitime de l’exercer. Il est vrai qu'en vertu de la volonté de mon père, je suis obligée pendant quelque temps encore de voir en vous son représentant; mais je dois cesser de vous regarder comme tel, à dater du moment où vous voulez me forcer à être malheureuse.
Maria sort
sir pétrus seul.
Jamais homme fut-il plus contrarié que moi? Tout conspire à