I.ADY AIGREMONT
Et certes j’ai été bien sotte de vous épouser, vous vieux célibataire, resté garçon jusqu'à cinquante ans, parce que vous n’aviez jamais trouvé personne qui voulût de vous.
SIR PETRU8.
Oui, oui, madame; mais vous avez été fort heureuse de me prendre ; de votre vie un pareil parti ne s’était présenté à vous»
LADY AIGHEMONT.
Non! N’ai-je pas refusé sir Courant Basset, qui, au dire de chacun, était un bien meilleur parti que vous? Sa fortune égalait la vôtre, et il s’est rompu le cou depuis notre mariage.
SIR PÉTRUS
Tout est Gni entre nous, madame ; vous êtes une femme ingrate et sans cœur ; mais il y a un terme à Août. Je vous crois capable de tout ce qu’il y a de pire au monde. — Oui, madame» j’ajoute foi maintenant à ce qu’on dit de vous et de Charles, madame. Oui, madame, vous et Charles vous êtes, — et ce bruit n’est pas sans fondement.
LADY AIGREMO.NT.
Prenez garde, sir Pétrus ! vous feriez mieux de ne pas articuler de pareilles insinuations. Je ne me laisserai pas suspecter sans cause, je vous le promets.
s'n pétrus.
Fort bien, madame, fort bien ! Une séparation,. aussitôt qu’il vous plaira. Oui, madame, ou même un divorce! — Je ferai de moi un exemple pour l'instruction de tous les vieux célibataires.
LADY AIGREMONT
C’est convenu! c’est convenu! — Maintenant, mon cher sir Pétrus, que nous voilà de nouveau d’accord, nous allons être le couple le plusheurcux; la mésintelligence nesc mettra plus entre nous, vous savez, — ha ! ha ! ha ! Allons, je vois que vous allez vous mettre en colère ; je vous gênerais en restant, — ainsi donc, adieu.
Elle sort.
SIR PÉTRUS
Malédiction et tortures! quoi! je ne pourrai jamais la fâcher!
Oh ! je suis l’être le plus misérable qui soÿ au monde ! Mais je ne souffrirai pas qu’elle garde spn sang-froid; non, dussé-je étouffer de rage, elle ne restera pas impassible.
Il sort.