‹ Œuvres de Shéridan traduitesChapitre 242 sur 357 · ACTE III, SCÈNE · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE

Il citante.

Au* quinze ans de fille naïve ,

A la veuve de cinquante ans ,

A la courtisane lascive ,

A la matrone au* soins prudens.

TOUS EU CHŒUR, Qu’elle soit brune on blonde , Cette aimable beauté ,

Buvons à la ronde ,

A sa santé.

sut HENRI.

Je bois à la joue en fossette ;

Puis à celle qui n’en a pas ;

Aux deux yeux bleus de la coquette ,

A la beauté qui n’en a qu’un , hélas'.

LE CHŒUR

Qu’elle 6oit brune ou blonde ,

Cette aimable beauté ,

Buvons à la ronde,

A sa santé.

sir heur:.

A la fillette au sein d’albâtre,

A celle dont le teint est couleur de citron; A la mégère acariâtre,

A la grisette au sourire fripon.

LE CHŒUR

Qu’elle soit brune ou blonde ,

Celte aimable beauté ,

Buvons à la ronde ,

A sa santé.

SIR HENRI

Trapue ou svelte, jeune ou vieille.

Que m’importe, trinquons toujours;

Et sablant le jus de la treille ,

Buvons ensemble à mes amours.

LE CUCEUR.

Qu’elle soit brune ou blonde.

Cette aimable beauté ,

Buvons à la ronde,

A sa santé.

TOUS

Bravo ! bravo I

LAFLEUR entre, s’approche de Charles Surface et lui parle à l’oreille.

CHARLES SURFACE

Messieurs, vous voudrez bien m’excuser un moment. — Sanssouci, prends la présidence.

sans-souci, se levant de table.

Qu’y a-t-il donc, Charles? C’est sans doute l'une de tes beautés non pareilles que le hasard t'amène.

CHARLES SURFACE

Non, ma foi. S’il faut vous dire la vérité, c’est un juif et un courtier à qui j'ai donné rendez-vous.

SANS-SOUCI

Parbleu ! fais entrer le juif.

SIR HENRI

Et le courtier aussi, de grâce.

SANS-SOUCI

Oui, oui; le juif et le courtier.

CHARLES SURFACE

Parbleu, de tout mon cœur. — Lafleur, fais entrer ces messieurs. T .a«nr tort.

Charles surface, continuant.

Toutefois, je puis vous assurer que l’un d'eui m’est totalement

étranger.

SANS-SOUCI

Charles, versons-leur de ce Bourgogne généreux ; peut-être cela leur donnera-t-il de la conscience.

CHARLES SURFACE

Non, de par tous les diables ! Le vin ne fait que mettre au jour les qualités naturelles : en les faisant boire, nous ne ferions qu’attiser leur friponnerie.

Entrent LAFLEUR, MOÏSE et OLIVIER SURFACE.

CHARLES SUREACE.

Honnête Moïse, entrez; entrez, je vous prie, monsieur Laprime. — C’est le nom de monsieur, n’est-il pas vrai, Moïse .

MOÏSE

Oui, monsieur.

CHARLES SURFACE

Lafleur, donne des sièges. - Asseyez-vous, monsieur Laprime.

— Des verres, Lafleur.— Asseyez-vous, Moïse. {Us s asseyent.)

— Allons , monsieur Laprime, je vais vous porter un toast : Au succès de l'usure ! — Moïse, remplissez le verre de monsieur.

MOÏSE

Au succès de l’usure ! ,

SANS-SOUCI

C’est juste, Moïse. - L’usure est de la prudence et du savoirfaire, et elle mérite de réussir.

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