SCÈNE HL
Fn« bibliothèque cbei Joseph Surface ; à droite est un paravent sur lequel son déployées des caries ; à gauche, un cabinet.
JOSEPH SURFACE et UN DOMESTIQUE.
JOSEPH SURFACE
Il n’est point arrivé de lettre de lady Aigremont?
LE DOMESTIQUE
Non, monsieur.
JOSEPH SURFACE
Je suis étonné qu’elle ne m’ait rien envoyé dire, si quelque motif l’a empêchée de venir. Sir I’étrus ne me soupçonne pas, j'en ai la certitude. Dieu veuille que la position embarrassante que j’ai prise avec la femme ne me fasse pas perdre la iille ! Toutefois j’ai pour moi l'imprudence de Charles et sa mauvaise réputation, et c’est un point important.
On entend frapper à la porte extérieure.
LE DOMESTIQUE
Monsieur, je crois que c’est lady Aigremont.
Attends ! — Va voir si c’est elle, avant d’ouvrir : dans le cas oit ce serait mon frère, j’ai à te charger pour lui d'un message particulier.
LE DOMESTIQUE
C’est mylady, monsieur; elle a l’habitude dç faire arrêter sa chaise devant la boutique de la marchande de modes, dans la rue voisine.
JOSEPH SURFACE
Attends encore ; place ce paravent devant la fenêtre. — C'est cela. — Ma voisine d’en face est une jeune personne tant soit peu curieuse.
Le domestique sort.
Joseph surface, s eul, continuant.
J'ai dans cette affaire un rôle difficile à jouer. Lady Aigremont semble depuis peu suspecter mes vues sur Maria ; mais ü faut absolument empêcher qu'elle ne pénètre mon secret, — dq moins jusqu’à ce qu’elle soit plus avant en mon pouvoir.
Entre LADY AIGREMONT.
LADV AIGREMONT.
Eh quoi! plongé dans un monologue sentimental? Vous êles-