‹ Œuvres de Shéridan traduitesChapitre 258 sur 357 · ACTE IV, SCÈNE III. 3G · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE III. 3G

culper; et à moi, vous me rendez la tranquillité. Allons, ne nie refusez pas. le vais me mettre derrière ce paravent. ( II s'avance vers le paravent, Joseph Surface l'en éloigne.) Que diable! on dirait qu’il y a déjà là quelqu’un aux écoutes. — le viens de voir une robe, j’en suis certain.

JOSEPH SURFACB, fiant.

Ha! ha ! ha! Allons, voilà qui est comique! Écoutcz-moi, sir Pétrus; bien que je méprise souverainement le coureur d’aventures, il ne s'ensuit pas que je doive être nécessairement un loseph ! C’est une petite Française, une marchande de modes, une petite friponne qui vient me relancer jusque chez moi ; — et comme elle lient à sa réputation, à votre arrivée elle s’est cachée derrière le paravent.

sm PÉTRUS.

Ah! mauvais sujet! le n’aurais jamais cru que vous — Mais, diantre! elle a entendu tout ce que j’ai dit sur ma femme.

JOSEPH SURFACE

Oh! la chose n'ira pas plus loin, vous pouvez y compter.

SIR PÉTRUS

Non! Eh bien! soit, qu’elle entende tout. Voici un cabinet qui fera tout aussi bien mon affaire.

JOSEPH SURFACE

Oui, cachez-vous là.

SIR PÉTRUS

Rusé vaurien! rusé vaurien!

Il en Ire dans le cabinel.

JOSEPH SURFACE

le l’ai, ma foi, éenappé belle. La jolie situation dans laquelle je me trouve! obligé de séparer ainsi le mari et la femme. lady aigremont, avançant un peu la tête.

Puis-je m'échapper ?

Ne bougez pas, mon ange!

sir pétrus, entr’ouvrant la porte du cabinet.

loseph, dites-lui son fait.

JOSEPH SURFACE

Rentrez, mon cher.

LADY AIGHEMONT.

Ne pourriez-vous enfermer à clef sir Pétrus?

JOSEPH SURFACE

Tenez-vous coi, ma vie!

3f>i L’ÉCOLE DE LA MÉDISANCE.

Sia PETRUS.

Vous êtes sûr que la petite marchande de modes ne babillera pas? '

JOSEPH SURFACE

Cachez-vous, cachez-vous, mon cher sir Pétrus. (A part.) Que je voudrais avoir la clef de cette porte!

Entre CHARLES SURFACE.

CHARLES SURFACE

Eh bien ! mon frère, qu’y a-t-il donc? ton drôle ne voulait pas me laisser monter! Étais-tu par hasard en tête-à-tête avec un juif ou avec une fille ?

Ni avec l'un ni avec l’autre, je t’assure.

CHARLES SURFACE

Pourquoi donc sir Pétrus s’est-il esquivé? — Je le croyais avec toi.

JOSEPn SURFACE.

II y était, mon frère ; mais quand il a su que tu allais venir, il n’a pas cru devoir rester.

OURLES SURFACE

Comment donc? Est-ce que par hasard le brave homme craignait que je ne voulusse lui emprunter de l’argent?

JOSEPH SURFACE

Non; mais je suis fâché d’apprendre, Charles, que depuis peu tu as donné à ce digne homme de graves motifs d’inquiétude.

CHARLES SURFACE

Il n’est pas le seul ; on m’assure que je donne de l’inquiétude à un grand nombre de gens estimables. — Mais de quoi est-il question ?

JOSEPH SURFACE

A te parler franchement, mon frère, il te suppose l’intention de lui dérober les affections de lady Aigrcmont.

CHARLES SURFACE

Qui, moi? Oh! ce n’est pas moi, sur ma parole. (Riant.) lia! hal ha! ha! Le bonhomme s'est donc aperçu à la fin qu’il a épousé une jeune femme?

JOSEPH SURFACE

II n’y a rien là qui puisse donner matière à plaisanterie, mon frère. L’homme capable de—

C'ogt vrai, c’est vrai, comme tu allais dire ; — mais pour par*

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