ACTE IV, SCENE III. 3G
1er sérieusement, d’honneur, ce dont tu m’accuses a toujours été bien loin de ma pensée.
Joseph surface, élevant la voix. \
Certes, sir Pétrus sera charmé d’apprendre cela.
CHARLES SURFACE
Il fut un temps, il est vrai, où j’avais cru remarquer que je ne déplaisais pas à ia dame; mais je te jure que je n’ai jamais rien fait pour cela. D’ailleurs, tu connais mon attachement pour Maria.
> JOSEPH SURFACE
Mais assurément, mon frère, quand bien môme lady Aigre* mont aurait manifesté pour toi la plus tendre prédilection, —
CHARLES SURFACE
Ecoute, Joseph; j’espère ne jamais faire de propos délibéré une action déshonorante; mais si une jolie femme venait d'elle-même s’oITrir à moi, — et si cette jolie femme était mariée à un homme assez âgé pour être son père, —
JOSEPH SURFACE
Eh bien?
CHARLES SURFACE
Eh bien! je crois que je serais obligé de —
Foursuis!
CHARLES SURFACE
D’emprunter un peu de ta moralité, voilà tout. — Mais saistu bien, mon frère, que tu me surprends beaucoup en accolant mon nom à celui de lady Aigremont; car jusqu’ici j'avais cru que tu étais son favori.
JOSEPH SURFACE
Fi donc, Charles! voilà une sotte manière de rétorquer l’accusation.
CHARLES SURFACE
Sur ma parole, je vous ai vus échanger des regards tellement significatifs,—
JOSEPH SURFACE
Allons, trêve de plaisanterie.
CHARLES SURFACE
Parbleu, je ne plaisante pas. — Ne te rappelles-tu pas qu’un jour, en venant ici —
JOSEPH SURFACE
De grâce, Charles,—
3f.G L’ÉCOLE DE LA MÉDISANCE,
CHARLES SURFACE
Je vous ai trouvés ensemble—
Morbleu, mon frère, j’exige — ,
CHARLES SURFACE
Et une autre fois, où ton domestique—
JOSEPH SURFACE
Mon frère, mon frère, un mot! — (A part.) 11 faut, à tout pria, que je lui coupe la parole.
CHARLES SURFACE
Informé, dis-je, que —
JOSEPH SURFACE
Chut! Tu m’excuseras, mon cher; mais sir Pétrus a entendu tout ce que nous avons dit; j’étais sûr que tu te disculperais, sans quoi je n'y aurais pas consenti.
CHARLES SURFACE
Qui T sir Pétrus ? Où est-il ?
JOSEPH SURFACE
Silence; là!
Il montre le cabinet.
CHARLES SURFACE
Par le ciel, je vais le tirer de sa cachette.— Sir Pétrus, arrivez!
Il l'clance vert le cabinet , malgré aou frère, qui cherche à le retenir.
JOSEPH SURFACE
Non, non.
CHARLES SURFACE
Allons, sir Pétrus, comparaissez à la barre. ( Il tire sir Pétrus hors du cabinet . } Eh quoi! mon vieux tuteur qui fait le métier d'espion, et recueille des témoignages incognito! Oh! fi donc! fi donc!
SIR PÉTRUS
Une poignée de main, Charles; je vois que je vous ai soupçonné injustement; mais il ne faut pas en vouloir à Joseph; — ce petit complot est mon ouvrage.
CUARLES SURFACE.
Vraiment?
SIR TÉTRUS.
Mais je vous absous. Maintenant, croyez-moi, j’ai de vous une opinion beaucoup moins défavorable qu’auparavant; ce que j'ai entendu m’a causé une grande satisfaction.
CHARLES SURFACE
Parbleu ! en ce cas, il est fort heureux q je vous n’en ayez pas entendu davantage; — n’est-il pas vrai, Joseph?