‹ Œuvres de Shéridan traduitesChapitre 269 sur 357 · ACTE V , SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE V , SCÈNE II

verjus.

Mais sir Pélrus l’accusait de la plus vile ingratitude.

SIR BENJAMIN

C’est ce que je vous disais, vous le savez.

VERJUS

Laisscz-moi parler, mon neveu ! — Et insistait pour obtenir sur-le-champ —

SIR BENJAMIN

Satisfaction! C’est justement ce que je disais. —

VERJUS

Tudieu, mon neveu, souffrez que les autres sachent aussi quelque chose. Une paire de pistolets était sur le bureau; car il parait que le soir précédent, monsieur Surface était revenu d’un voyage qu’il avait fait à Sait— Hill, avec un de ses amis qui a un fils au collège d'Eton ; si bien donc que les pistolets étaient encore chargés.

SIR BENJAMIN

Je ne savais rien de tout cela.

Sir Pétrus força Charles à en prendre un, et il paraît qu’ils tirèrent tous deux à peu près en même temps. Comme je vous l’ai dit, le coup de Charles porta ; celui de sir Pétrus n’atteignit pas son adversaire; mais ce qu’il y a de très-extraordinaire, c’est que la balle, après avoir frappé un petit bronze de Shakspearc placé sur la cheminée, est sortie parla fenêtre, qu’elle a effleurée à angle droit, et est allée blesser le facteur, qui en ce moment même arrivait à la porte avec deux lettres du Northamptonshire.

SIR BENJAMIN

Le récit de mon oncle est plus circonstancié, je l’avoue; mais cela n’empêche pas que le mien ne soit le seul véridique. lady daubencour, à part.

Je suis plus intéressée dans l’affaire qu’ils ne se l’imaginent ; il faut que j’aie des informations plus précises.

Elle sort.

SIR BENJAMIN

Ah! il est facile de s’expliquer l’effroi de lady Daubencour. verjus.

Oui, oui ; ce qu’il y a de certain, c’est qu'on prétend, — mais peu importe.

MISïRISS CANDEUR.

Mais savez-vous où est sir Pétrus à présent?

Oh! on l'a ramené chez lui; et il est en ce moment à la maison, quoique les domestiques aient ordre d'affirmer qu'il est absent.

MISTRISS CANDEUR

C’est ce que je crois, et sans doute que lady Aigremout le soigne.

VERJUS

Oui, cui; j ai même vu un membre de la faculté entrer un moment avant moi.

SIR BENJAMIN

Oh 1 oh ! qui vient ici?

verjus.

Oh I c’est lui ; c’est le médecin, croyez-moi.

MISTRISS CANDEUR

Oh certainement ! ce doit être le médecin. Nous allons apprendre des nouvelles.

I Entre SIR OLIVIER SURFACE

VERJUS

Eh bien, docteur, quel espoir?

MISTRISS CANDEUR

Docteur, comment va votre malade?

SIR BENJAMIN

N’est-ce pas, docteur, que c’est une blessure produite par un coup d’épée ?

Cent livres sterling que c'est par une balle logée dans le thorax.

SIR OLIVIER

Docteur! une blessure produite par un coup d'épée! une balle logée dans le thorax! Que diable! êtes-vous fous, bonnes gens? SIR BENJAMIN.

, Peut-être, monsieur, n’êtcs-vous pas médecin ?

SIR OLIVIER

C’est à vous que je suis redevable de mes degrés dans la faculté.

VERJUS

Je présume que vous êtes un ami de sirPétrus. En ce cas, vous devez avoir entendu parler de son accident.

SIR OLIVIER

Je n’en ai pas appris un mot.

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