‹ Œuvres de Shéridan traduitesChapitre 270 sur 357 · ACTE V, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE II

VERJUS

Quoi! vous ne savez pas qu’il a été dangereusement blessé?

SIR OLIVIER

Lui, blessé?

D’un coup d’épée à travers le corps —

VERJUS

D’une balle dans la poitrine —

SIR BENJAMIN

Par un certain monsieur Surface —

VERJUS

Oui, le plus jeune des deux frères.

SIR OLIVIER

Que diantre! vous paraissez différer étrangement dans vos rapports ! Quoi qu’il en soit, vous vous accordez à dire que sir Pétrus est dangereusement blessé?

SIR BENJAMIN

Oh! oui, nous nous accordons sur ce point.

VERJUS

Oui ; je crois qu’il ne saurait à cet égard y avoir aucun doute.

SIR OLIVIER

Alors, sur ma parole, pour une personne placée dans une position aussi critique, c’est bien l'homme le plus imprudent qui existe; car le voilà qui s’avance tranquillement comme si rien ne lui était arrivé.

Entre SIR PÉTRDS AIGREMONT.

sir olivier, continuant.

Oui dà, sir Pélrus, vous venez on ne peut plus à propos, je vous assure ; car nous venions à l’instant de vous tenir pour mort.

sir benjamin, d Verjus.

Parbleu, mon oncle, voilà une guérison bien prompte

Comment! mon cher, vous osez vous lever avec un coup d’épée à travers le corps et une balle logée dans le thorax?

SIR PÉTRUS

Un coup d’épée, et une balle !

SIR OLIVIER

Oui, ces messieurs prétendaient vous tuer sans consulter ni la loi ni la faculté, et voulaient m’ériger en médecin pour faire de moi leur complice.

SIR PETRUS

Qu’est-ce que tout cela veut dire?

SIR BENJAMIN

Nous sommes heureux d’apprendre, sir Pétrus, que l'histoire du duel n’est pas vraie, et nous déplorons sincèrement vos autres infortunes.

SIR PÉTRUS

Allons, allons, voilà déjà toute la ville qui en est informée. verJüs.

En tout cas, sir Pétrus, vous avez eu le plus grand tort de vous marier a votre âge.

Que vous importe, monsieur?

MISTRISS CANDEUR

Sir Pétrus était si bon mari, qu’en vérité on ne peut s’empêcher de le plaindre.

SIR PÉTRUS

Au diable votre pitié, madame! je n’en veux point.

SIR BENJAMIN

Je vous conseille, sir Pétrus, de ne pas faire attention aux brocards et aux sarcasmes qui vont pleuvoir sur vous en cette occasion.

SIR PÉTRUS

Monsieur, monsieur, je désire être maître chez moi.

VERJUS

Vous avez cela de commun avec bien d’autres; c’est toujours une consolation.

SIR PÉTRUS

J’exige qu’on me laisse seul ; sans cérémonie, — j’insiste pour que vous sortiez de chez moi à l’instant même.

MISTRISS CANDEUR

Bien, bien, nous sortons; comptez que nous vous arrangerons du mieux que nous pourrons.

sin PÉTRUS.

Sortez de chez moi !

VERJUS

Nous dirons quel indigne traitement on vous a infligé.

Sortez de chez moi 1

SIR BENJAMIN

Et avec quelle résignation exemplaire vous le subissez.

Mistriis Candeur, sir Benjamin el Verjus sortent.

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