‹ Œuvres de Shéridan traduitesChapitre 283 sur 357 · ACTE I , SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE I , SCÈNE I

DEUXIÈME PAYSANNE. t ■

Si monsieur Jauge était ici, vous ne parleriez pas de ce tonlà. Le voici qui vient l le voici qui vient 1 vous allez changer de note.

NELLY

Vous croyez? Vous allez voir. Je lui dirai ma façon de penser: c’est mon habitude.

Arrive JAUGE.

TOUS

Ah ! monsieur Jauge.

JAUGE

Eh bien! qu’est-ce qu’il y a donc? Que diable! est-ce que la guerre civile est allumée parmi vous?

PREMIÈRE PAYSANNE

Monsieur Jauge, Nelly s'avise de nous réprimander parce que, dit-elle, nous dupons les soldats.

DEUXIÈME PAYSANNE

Et elle prétend que vous nous y encouragez.

JAUGE

Si je vous y encourage!... sans aucun doute, commercialement s’entend.

TOUS

Oui, oui, commercialement.

DEUXIÈME PAYSANNE

Elle vient de gronder ma fille; elle prétend que je ne l'habille si bien que pour allécher les chalands.

JAUGE

Vous en avez bien le droit. — Votre mère est une vieille femme pleine de sens. — Bien parlé, ma bonne; remplissez bien vos paniers, et que le visage de votre fille vous serve d’enseigne.

DEUXIÈME PAYSANNE

C’est aussi ce que je dis.

jauge.

Vous avez raison. Les soldais sont des chalands qui ont du goût, et les plus jolies marchandes sont celles qui feront les meilleures affaires.

tous. r

C’est vrai, c’est vrai.

JAUGE

Assurément; je ne puis souffrir ces imbéciles, ces maladroites

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