LE CAMP
qui se traînent au marché avec leurs figures au rabais, et qui vendent à grand’peine au double de leur valeur leurs meilleures marchandises.
NELLY
Je n’y puis plus tenir! N’avez-vous pas de honte, vous qui êtes fournisseur, et qui avez l’honneur de porter l’écritoire de sa majesté à votre boutonnière, n’avez-vous pas de honte d’enseigner à ees pauvres malheureux vos coupables pratiques? Je vous en donne ma parole, si j’étais appelée à juger des drôles comme vous, chacun de vous aurait ce qu’il mérite, depuis le cantinier pillard, jusqu’au fournisseur en chef; je vous donnerais du chat à neuf queues, et vous ferais passer aux verges, depuis Coxheath jusqu’à la plaine de Warley.
PREMIER PAYSAN
Comment osez-vous parler à monsieur aussi impoliment?,. nelly, le prenant au collet.
Tais-toi, chien de berger, ou je t’étrangle.
PREMIER PAYSAN
0 monsieur, monsieur, si vous ne la mettez pas en état d’arrestation, elle va m’étrangler.
jauge, à Nelly, en la prenant à part.
Allons, Nelly, retenez votre langue, et je vous donnerai une livre de thé de contrebande, et j’y joindrai un foulard par dessus le marché.
Il lui donne un foulard.
NELLY
En voilà un scélérat! Voisins , je vous prends tous à témoin qu’il a cherché à me corrompre par des présens. Une livre de thé 1 Non, non, gardez votre cadeau que je méprise, et sachez que je ne suis pas femme à fermer les yeux, pour un cadeau, sur vos délits et vos bassesses.
Elle lui rejellc son foulard.
JAUGE
Ne faites pas attention à ce qu’elle dit; elle a perdu l’esprit ; elle tient des discours coupables. Allez-vous-en. Je fais arrêter quiconque d’entre vous restera pour prêter l’oreille à ses paroles.
TOUS
Oui, oui, elle est folle; allons-nous-cn ; nous arriverons trop tard au marché.
Ils s’éloignent.
jauge.
Tenez, Nelly, voulcz-vous prendre ce thé?
Il lui présente un paquet de iLé.
4 os