ACTE I, SCÈNE I
NELLY
Non, je n’en veux point.
JAUGE
Eh bien, moi j’en veux.
nelly chante:
Il remet le llié dans sa poche.
O combien m’importune L’aspect de ces flatteurs , Suivans de la fortune Et ses adorateurs.
A sa roue infidèle Toujours ils se cramponneront ; Ils tournent avec elle ,
Et toujours tourneront.
Comme eux , dans la bassesse N’allez pas vous salir;
Aux pieds de leur déesse Laissez-les s’avilir.
A sa roue infidèle Toujours ils se cramponneront;
Ils tournent avec elle,
Et toujours tourneront.
Elle s'éloigne.
jauge, seul.
La sotte qu’elle est ! refuser un cadeau, et ne pas vouloir suivre l’exemple de ceux qui sont au-dessus d’elle ! Mais qui vient ici?
Arrive CROUTON.
CROUTON.
Ah! mon petit Jauge 1 — Assurément je joue de malheur: je cherche inutilement un guide qui me montre les vues de ce pays, et, sur mon âme, je vous forcerai d’accepter cet emploi. .
JAUGE
Quelle affaire vous amène ?
CROUTON.
Une affaire des plus dangereuses, en vérité; — la tâche du peintre Jack était une bagatelle auprès de la mienne; je viens pour croquer le camp.
JAUGE
Diable !
CROJUTON.
Et il faut que je l’emporte dans ma poche.
JAUGE
En vérité I
LE CAMP
CROUTON.
Oui; voici mon matériel de guerre; voici mes couleurs.
JAUGE
Oh ! je vous comprends.
CROUTON.
C’est une assez sotte entreprise. Vous saurez que m’étant fait une réputation là-ba’s à la fête champêtre, le petit lloscius m’a recommandé aux directeurs de Drury-Lane; en sorte que je suis maintenant une sorte de surintendant, sous les ordres de monsieur Lanternberg, le peintre célèbre; aussitôt qu’il aunouvrage à exécuter, j'en fais le croquis sous sa direction, mou bijou; je suis donc chargé de prendre le profil du camp.
JAUGE
Comment donc ! est-ce qu’on voudrait par hasard mettre le camp sur la scène?
CROUTON. »
Vous y êtes ; c’est cela même ; nous allons représenter Coxheath 1 aux lumières, mon bijou.
JAUGE
Et vous croyez que cela aura du succès ?
CROUTON.
Sans aucun doute, cela en aura. Quel plaisir pour un gentleman, d'être pour deux shellings chaudement et confortablement placé, et de voir le camp tout à son aise! Parbleu 1 il m’en a déjà coûté plus de trois guinées, et j’ai pris pour venir la voie la plus économique ; car trois d’entre nous ont fait la moitié du chemin par la diligence de Maidstone.
JAUGE
Eh bien 1 que vous semble de la perspective ?
CROUTON.
Sur mon âme, je ne sais trop qu’en penser; aussi, pour mieux voir, je vais m’éloigner un peu ; cela me parait ressembler beaucoup à la grande blanchisserie de mon cousin O’Doiley, dans le comté d'Antrim. (On entend la voix de Bovillard qui chante.) Tonnerre et bombe ! quel est l’imbécile qui, vient ici?
JAUGE
Oh! c’est monsieur Bouillard, le cantinier.
CROUTON.
En ce cas, peut-être pourra-t-il me procurer quelque chose à manger ; car, après mon voyage, je sens que mon estomac a besoin.