‹ Œuvres de Shéridan traduitesChapitre 29 sur 357 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

L'esplanade du nord.

rrive LE CAPITAINE ABSOLU.

LE CAPITAINE

La chose est, ma foi, comme I.abrosse me l’a dit : en vérité, c’est fort drôle! Mon père veut me forcer à épouser la femme dont je trame l’enlèvement. 11 faut que pendant quelque temps encore il ignore mes relations avec elle. Il procède dans ces affaires-là d’une manière beaucoup trop sommaire; quoi qu’il. en soit, je vais faire à l'instant ma rétractation. Ma conversion est peut-être un peu soudaine, mais je protesterai qu'elle est on ne peut plus sincère. Bon, justement le voilà ; il a un air singulièrement rébarbatif.

RI ie retire un peu à l'écart.

Arrive SIR ANTONY.

SIR ANTONY

Non, — plutôt mourir que de lui pardonner! Que dis-je, mourir? je veux vivre cinquante ans encore pour le faire enrager. Dans notre dernière entrevue, peu s’en est fallu que son impudence ne me fit sortir des limites de la modération. C’est un jeune drôle, obstiné, emporté, volontaire ! De qui tient-il ce caractère? Voilà ma récompense pour l’avoir fait avant tousses frères et sœurs, pour l’avoir mis à dix ans dans un régiment de ligne, et lui avoir alloué, depuis lors, cinquante livres sterling annuellement, en sus de sa solde. — Je ne veux plus le voir, non, — jamais, — jamais, — jamais, — jamais.

le capitaine, à part.

Prenons maintenant un visage contrit.

Il s'avance.

Drôle, sors de ma présence.

LE CAPITAINE

Mon père, vous voyez devant vous un fils repentant.

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