‹ Œuvres de Shéridan traduitesChapitre 339 sur 357 · ACTE II, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE II

Mais je suis gouverneur, et je dois me roidir.

Il ton.

DESLOGES

Antithèse de personnes 1 c’est Une figure reçue.

TILBCRINE.

Adieu I tendresse, espoir 1 — adieu , bonheur 1-a^ n’importe, Tu triomphes, mon père I et le, devoir l’emporte.

* W1SKÉRANDOS.

Où donc est la beauté qui fait tout mon bonheur?

Il aperçoit Tilburine.

Ab!

TILBURINE.

Ah!

WISKÉRAKDOS.

Je te revois, idole démon coeur.

Mademoiselle, mademoiselle, votre cri de surprise n’est pas assez fort. Songez qu’à l’instant même vous veniez de prendre la résolution d’obéir à la voix du devoir, quand soudain le son de la voix de votre amant renverse toutes vos belles résolutions, et détHïit en vous tout sentiment d’obéissance. Si tout cela n'est pas eiprimé dans votre cri, vous n’avez rien fait.

TILBURINE.

Bien 1 nous allons recommencer.

DESLOGES

Ces cris de l’àme font toujours un tj"ès-bel effet.

MORDANT

C’est vrai.

WISKÉRANDOS.

Où donc est la beauté qui fait tout mon bonheur?

Il aperçoit Tilburioe.

Ah!

TILBURINE.

Ah!

WISKÉRANBOS.

Je te revois, idole de mon cœur !

Cher ennemi ! Mais quoi 1 ses yeux versent des larmes?

Quel douloureux regard 1 Qui cause tes alarmes ?

Ah 1 je me sens captif pour la première fois ;

Ce n’est que d’aujourd’hui que je ressens le poids De ces fers qui faisaient mon orgueil et ma gloire ;

Tilburine e^t.perüde.

TILBURINE.

Ami, peux-tu le croiro ?

Ya , tu me connais mal !

WISKÉRANDOS.

Tu m’es fidèle ! ah dieux !

47ft LE CRITIQUE.

Partez, dissipez-vous, doutes injurieux ;

Zéphirs, emportez-les sur votre aile féconde,

Ou s’ils n'en veulent pas, reçois-les, mer profonde !

POUF

Youssavcz, messieurs, que les vents sont les dépositaires légi-. limes de tous lés soupirs importuns, de toutes les douleurs dont on n’a plus affaire.

mncRiNE. • 9

Il faut nous séparer. L’honneur m'en fait la loi ;

Mais si dans ce moment je n’écoutais que moi ,

J'en a tteste le ciel et ce jour qui m’éclaire.

Je te sacrifirais mon devoir et mon père;

Et tu serais pour moi, si je suivais mon goût,

Père, mère, cousine, oncle, tante, amis, tout.

WISKÊRANDOS.

O vertu I Faut-il donc partir 1 Plus d’espérance 1 811 le faut, il le faut ! — En pareille occurrence,—

Ma chère, — les meilleurs,., adieux... sont... les plus courts ! POUF.

Diable ! diable ! qu’est-ce que celaî... Voilà ce qui s’appelle une coupure. Au nom du ciel ! qu’avez-vous fait de Mutes mes protestations de fidélité mutuelle?

TILBURINE.

Ah! monsieur, je vous en conjure, ne nous interrompez pas dans le moment de la passion ; vous détruisez toute la chaleur de notre sensibilité. m

POUF

Votre sensibilité 1 Diable! et la mienne donc! Mademoiselle, vous n’en parlez pas.

MORDANT

Allons, monsieur Pouf, laissez, laissez-les continuer.

WISKÉRANÜOS.

Embrassons-nous 1 adieu I

TILBURIÏfE.

Pour toujours 1

WtSlÉRANDOS.

Pour toujours !

Us vont pour sortir.

POUF

De par tous les diables, mademoiselle, si vous sortez sans donner le regard d’adieu, vous feriez tout aussi bien de sortir avec une pirouette! Revenez, revenez, vous dis-je!

NORÀ.

Et moi, monsieur, comment faut-il que je fasse ma sortie ?

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