ACTE II, SCÈNE II
LE SOUFFLEUR
Hélas! monsieur, la serpe, instrument dédommagé...
POUF
. Au diable votre serpe! Comment diantre, ils ont tellement mutilé et rogné ma tragédie, qu’il n’en restera bientôt plus quele squelette. Fort bien ! messieurs les acteurs peuvent en agir avec raa pièce comme bon leur semble ; mais, sur ma parole, je la ferai imprimer tout entière, sans en retrancher une syllabe.
MORDANT
C’est, parbleu, ce que je ferais si j’étais à votre place.
« -f POUF.
Fort bien, messieurs. Allons, continuons. — Diantre, j’aurais donné tout au monde pour que l’on conservât la description du cheval. — Continuons, messieurs. — Ah! monsieur, c’était un morceau d’un brillant et d’un fini, — vous n’en avez pas d’idée ! — Fort bien. — Continuons, messieurs. — Là, vous auriez vu le cheval avec son harnachement depuis le mors jusqu’à la croupière. — Fort bien, messieurs. — Voyons maintenant la scène du parc.
LE SOUFFLEUR
Monsieur, voici le fait : le charpentier dit qu’à moins de faire occuper ici la scène encore pendant quelques instans,seshommes n’auront pas le temps d’enlever le fort et de faire disparaître Gravesend et la Tamise. .
POUF
Morbleu ! nous voilà dans une jolie alternative 1 — Messieurs, vous voudrez bien m’excuser ; mais ces marauds n'en finiront jamais si je ne vais moi-mémevoir les chosès.
MORDANT. > V-
Ah ! monsieur, ces sortes de désagrémens ne sont que trop ordinaires. 11 n’y a rien là qui —
pouf.
Me supprimer cette scène! mais je l’imprimerai, morbleu! je l'imprimerai jusqu’au dernier mot!
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