ACTE III , SCÈNE I
WISKÉRANDOS.
Arrêtez I dans leur sein ce fer va se plonger I
Tableau. — Les deux nièces tireBt leurs poignards pour frapper WisVérandos. Les deux oncles, au même iuslant, d'une main arrêtent le bras de leurs nièces, et de l'autre tirent leurs épées, dont Us appuient la pointe sur la poitrine de Witkérandos, qui Ure aussitôt deux poignards, qu’il tient levés sur les deux nièces.
POÜF.
Voilà ce qui s’appelle une situation. Voilà un groupe à effet. Vous voyez, messieurs; ces demoiselles ne peuvent poignarder Wiskérandos ; il n’ose pas les frapper, tenu en respect par les épées des deux oncles. Les deux oncles, à leur tour, n’osent pas le tuer, parce qu’ils tremblen t pour leurs nièces. C’est ainsi que je les tiens tous en échec, aucun d’eux n’osant lâcher prise le premier.
MORDANT
Dans ce cas, il doivent rester là pour l’éternité.
POÜF.
Sans doute, si je n’avais pas imaginé l’expédient le plus heureux. Attention, maintenant.
le hallebardier , une hallebarde à la main.
Au nom d'Elisabeth , notre reine et maîtresse ,
Bas les armes !
Tou» laissent tomber à terre leurs épées et leurs poignards. MORDANT.
En effet, voilà un expédient des plus heureux.
POÜF.
Je vous en réponds : Au nom d’Elisabeth ! hein I sir c. iiatton. »
Ma nièce, allons !
SIR W. RALEICB.
Allons 1 ma nièce.
Ils sortent, emmenant leurs nièces.
WISKÉRANDOS.
Quel es-tu, toi qui viens ainsi nous désarmer?
LE HALLEBARDIER
Je viens faire encor plus. Cesse à l'instant d'aimer.
WISKÉRANDOS.
Tu mens, valet,
LE HALLEBARDIER
Je mens I tu vas voir, misérable 1 Obscur déguisement , galons, allez au diable !
Il jette son vêtement de dessus et se montre avec un bean gilet brodé. Suis-je un hallebardier? Mais tu me reconnais ,
Ami I tu vois eri moi le capitaine anglais Qui près de Bilbao te donna l’abordage Et te fit prisonnier avec ton équipage.
Ah! ah J vous voyez : ici nous découvrons enfin que le prétendu hallebardier est le capitaine du corsaire qui a fait prisonnier Wiskérandos, et que lui-même est un ancien amant de Tilburine.
DESLOGES
C’est on ne peut mieux préparé et amené.
POÜF.
Maintenant faisons-leur place, messieurs; rangez-vous un peu.
W1 SKÉRANDOS •
Je pois donc châtier ce vil présomptueux 1 Un glaive s’offre à moi... J’en rends grâces aux dieux.
Il ramasse une des épées.
LE HALLEBARDIER
J’accepte le cartel, et bénis la fortune Qui sert à point nommé notre haine commune.
Il ramasse l’autre épée.
DESLOGES
Voilà qui est parfaitement amené. On dirait que les deux oncles n’ont laissé là leurs épées que pour eux.
pouf. ■
Il fallait bien qu’ils lea laissassent; ils n’étaient pas les maîtres de les reprendre. ‘ .
WISKÉRANDOS.
Vengeance et Tilburine...
LE HALLEBARDIER
Et moi de même.
Ils combattant, et après le nombre ordinaire de blessures infligées et reçues, ■Wiskérandos tombe.
WISKÉRANDOS.
a, - Ah 1 chien I
Je n’ai pas pu parer ce coup 1 Yous tiret bien.
Capitaine 1 très bien. — Votre tierce me tue ;
Un nuage confus se répand sur ma vue. —
L’éter...
Il meurt.
LE HALLEBARDIER
Nité... Le sou sur sa bouche expiré N’a laissé pour adieu qu’un mot défiguré 1 POUF.
Ahl mon cher, vous êtes trop lent; voudriez-vous me faire l’amitié de recommencer à mourir?
Wiskérandos se relire. >
» WISKÉRANDOS.
Un nuage confus se répand sur ma vue.
L’éter...