‹ Œuvres de Shéridan traduitesChapitre 354 sur 357 · SUR LA MORT DE GÀRRICK · texte numérisé non relu

SUR LA MORT DE GÀRRICK

PRONONCÉE AU TUÉATRE DE DRURT-LANE.

Si des illustres morts la mémoire est sacrée,

Si l’on doit une lgrme à leur cendre adorée ,

Sied-il que nous venions vous demander des pleurs Pour des malheurs fictifs, de scéniques douleurs ? Ou la tristesse au coeur, essayant de sourire,

Faut-il cacher le deuil sous le masque du rire, Lorsque de Roscius, moissonné sous nés yeux,

La tombe attend encor notre hommage pieux?

Ne soyez point ingrats ; donnez à sa poussière Les larmes que sa voix vous arrachait naguère.

La pompe solennelle entourant son cercueil,

La poésie en pleurs chantant l'hymne du deuil, Ce funèbre appareil, cette foule pressée.

Qui, le front déçoùfert et la tête baissée, Accompagnait d'un pas silencieux Du grand homme expiré les restes glorieux , Pendant que sur sa base éternelle, immuable,

De l'auteur d’Othello l'image vénérable Semblait montrer du doigt le saint emplacement

Où devra s'élever le pieux monument

Eh ! qui mérita mieux cette douleur publique, Ces pleurs secrets versés au foyer domestique ? Mais c’est ici surtout, c’est ici qu’étaient dus Ces douloureux regrets, ces éloquens tributs.

De tous les arts, le nôtre, ô destinée amère I Le nôtre est fe plus éphémère. '

Tel est l’arrêt du sort. Le peintre, aimé du ciel, Animant sous ses doigts la toile obéissante , Pour prix d’un qjief-d’œuvre immortel.

Cueille une palme triomphante.

Si d'un juste respect Reynolds est entouré.

Le n<ftb de Raphaël n’en est pus moins sacré ; En vain de seseouleurs s'efface l'harmonie.

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