M MONODIE
Tous nous rendons encore hommage à son génie.
I! semble que le temps aux œuvres de sa main Imprime un charme surhumain.
Du sculpteur patient plus humble est le partage; Lentement il procède à son pénible ouvrage ;
Et le ciseau, cent fois dans sa marche arrêté.
Ébauche en hésitant la grâce et la beauté.
Mais finie une fois, son œuvre est immortelle,
Et le temps, qui peut tout, ne peut plus rien contre elle.
En vain le temple est renversé.
Le mérite de l'art n’en est point éclipsé ;
Dans ses derniers débris celte noble ruine Étale à nos regards une splendeur divine.
Et le nom de l'artiste à jamais répété Va retentir au loin dans la postérité.
D’un orgueilleux espoir le poète s’inspire.
O privilège heureux des enfans de la lyre !
Aussi loin que Phébua darde ses rayons d'or,
Son fils étend son lumineux essor;
Soit que sa muse adopte en sa marche héroïque La majesté du rhythme et la grandeur épique ;
Soit que son vers coquet et point ambitieux Borne tout son espoir à plaire à deux beaux yeux ; Soit que d’un cœur souffrant dévoilant les mystères.
Il conte sa douleur aux échos solitaires ;
N’importe les sujets qu'ont adoptés ses chants.
Enjoués ou plaintifs, terribles ou touebans,
Ils iront émouvoir tous les cœurs d’âge en âge ;
Ils électrisent le courage,
Ou font éclore tour à tour Les pleurs de la pitié , les soupirs de l’amour.
Tel est leur glorieux et brillant apanage A ces enfans des arts dont les travaux heureux Ne sont pas condamnés à mourir avec eux.
L’acteur seul est exclu de ce beau privilège,
Et la tradition à peine le protège.
Sans qu'aucun monument, lui prêtant son appui Révèle son mérite et dépose pour lui,
Garriclt lui-même enfin, éblouissant prodige ,