‹ Œuvres de Shéridan traduitesChapitre 356 sur 357 · SUR LA MORT DE GARRICK · texte numérisé non relu

SUR LA MORT DE GARRICK

N'a laissé de son art nul éclatant vestige.

Le jeu muet, écueil et triomphe de l'art,

L’habile expression des yeux et du visage,

Et l'éloquence du regard.

Et le geste qui prête au silence un langage; L’harmonieux débit dont le charme vainqueur Va caresser l’oreille et captiver le cœur.

Qui donne aM vers obscur une clarté qui brille. Comme aux feux de l'aurore un diamant scintille; Et la terreur qui glace, et de la passion Le volcan comprimé faisant explosion ,

Tout cela brille et meurt : électrique étincelle

Que le génie ardent recèle

Qui porte à l’organisme un vif ébranlement,

Mais qui ne dure qu’un moment,

Et ne laisse rien après elle;

C’est un suave et pur encens Que nulle flamme ne colore;

Son doux parfum charme les sens,

Et puis dans l’air il s’évapore.

Et maintenant que dans sa tombe il dort. Maintenant que, muet et glacé dans la mort,

Ses yeux sont pour jamais fermés à la lumière, C’est à vous d’adopter sa gloire tout entière.

Au nom de vos ennuis qu’il charma tant de fois, Au nom de tous ces cœurs qu’électrisait sa voix. Par ses derniers adieux, par vos dernières larmes, Par ces émotions pleines de si doux charmes Qui vous suivront dans l’avenir.

Que son nom resté pur, sa noble renommée , Dans vos cœurs embaumée,

Vivent dans votre souvenir;

Et, justes envers sa mémoire,

Gardez pieusement le dépôt de sa gloire.

On se rappellera long-temps Son esprit pétillant de saillie et de grâce,

Ses vers qu’ont répétés les échos du Parnasse;

Et ces titres plus doux, bien que moins éclatans,

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