ACTE III , SCÈNE III
sonne, seulement pour quelques minutes? — Je serais bien aise du faire un peu l’essai de son caractère.
U1STRISS BÉVUE.
Mais je ne sais trop; je doute quelle soit préparée à une visite de cette nature. II faut dans ces choses-là consulter les convenances.
LE CAPITAINE
Ohl cela ne lui fera rien! — Dites-lui seulement que Béverley. —
Monsieur ! «
le capitaine, à part.
Doucement, ma langue!
Que disiez-vous de Béverley?
LE CAPITAINE
J’allais vous proposer de lui dire, par manière de plaisanterie, que c’est Béverlcy qui l’attend ici; — vous la verrez alors accourir. — Ha ! ha ! ha !
Elle mérite bien qu’on lui joue ce tour-là; d’ailleurs, vous savez; le drôle lui dit dans sa lettre qu’il obtiendra de moi la ♦permission de la voir. — Ha ! ha ! je le répète, qu’il y vienne! — {Appelant.) Lydie, descendez! — Ah! je.lcur servirai de chaperon dans leurs rendez-vous! — Ha! ha ! ha ! — Descendez, vous dis-je, Lydie. — Je ne m’étonne pas de vous voir rire de si bon cœur. — Ha! ha ! ha! son impudence est véritablement ridicule.
LE CAPITAINE
Elle est on ne peut plus ridicule , sur mon âme, madame! — Ha ! ha ! ha !
La petite drôlesse fait semblant de ne pas entendre. Allons , je vais aller la trouver et lui dire tout bonnement ce qu’il en est; ello saura que le capitaine Absolu est venu la voir. Et je l’obligerai bien à se conduire comme il convient à une jeune personne. ' .
LE CAPITAINE
Comme il vous plaira, madame.
Au revoir, capitaine; votre servante. — Ah! je vois que vous n’avez pas encore üni de rire. — Éluder ma vigilance ! oui-dà ; — ha ! ha ! ha !
Elle ton.
LE CAPITAINE , Seul.
Haï ha! ha! il semblerait maintenant que je puis dépouiller tout déguisement, et que je n’ai plus qu’à saisir ma proie; mais l.ydie est si fantasque, qu’en la détrompant je m’expose à la perdra Voyons si elle me reconnaîtra.
Il k promène en regardant les tableaux.
Entre LYDIE.
LYDIE
Quelle scène vais-je-nvoir à subir maintenant? Certes, rien n'est plus affreux que d’être obligée de prêter l’oreille aux répulsives déclarations d’un homme pour qui on n’éprouve que de l’indifférence. — J’ai entendu parler de jeunes filles qui , persécutées, comme je le suis, en ont appelé en faveur de l’amant fa— . vorisé, à la générosité de son rival : si j’essayais de ce moyen. — Voilà devant moi ce rival détesté ; — c’est aussi un officier! mais quelle différence avec mon Béverley ! il tarde bien de m’adresser la parole; — en vérité, voilà un amoureux bien apathique 1 — 11 faut avouer qu’il prend singulièrement ses aises! Parlons la première ; — monsieur Absolu !
le capitaine , sb retournant.
Mademoiselle.
» LYDIE
O ciel ! Béverley !
LE CAPITAINE
Chut! chut! mon amour! doucement! ne manifestez aucune surprise.
LYDIE
Je suis saisie d’étonnement, de terreur et de joie! Au nom du ciel, comment vous trouvez-vous ici?
LE CAPITAINE
J’ai donné le change à votre tante. Je savais que mon nouveau rival devait venir ici ce soir; j’ai pris mes mesures pour qu’il ne vînt pas, et je me suis présenté à elle sous le nom du Capitaine Absolu.
LYDIE
Oh! c’est charmant! — Et elle vous prend tout de bon pour' le jeune Absolu?
LE CAPITAINE
Oh! elle en est convaincue.
Si