‹ Œuvres de Shéridan traduitesChapitre 37 sur 357 · ACTE III , SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE III , SCÈNE III

lydie , riant.

liai hal hal je ne puis m’empêcher de rire en pensant que nous ayons mis sa sagacité en défaut.

LE CAPITAINE

Mais nous perdons des momens précieux, — nous ne retrouverons peut-être jamais une occasion comme celle-ci. — Je conjure donc mon cher ange, ma bonne Lydie, de fixer le jour où je pourrai l'arracher à une persécution imméritée, et avec une ardeur légitime, solliciter ma récompense.

LYDIE

Vous consentez donc, Béverley, à renoncer aux richesses méprisables qui devaient former ma dot, ce bagage qui allourdit les ailes de l'amour?

LE CAPITAINE

Oh ! venez à moi telle .que je vous vois maintenant, — riche seulement de vos grâces et de vos attraits 1 — Ne m'apportez pour dot que votre amour, Lydie, ce sera générosité de votre part ; car vous savez fort bien que le pauvre Béverley ne peut vous apporter d’autre fortune que son amour.

Lydie, à part.

Que sa parole est persuasive 1 Comme avec lui la pauvreté sera charmante 1

LE CAPITAINE

Par le ciel, je rejetterais loin de moi avec empressement tous les biens de la fortune, pour jouir du bonheur ineffable de presser ma Lydie sur mon cœur, et de lui dire, «Seule, tu fuis toute ma félicité ici bas. » [Il l'embrasse.) — (A part.) Si elle résiste maintenant, il faut que le diable s'en mêle.

lydie, à part.

A présent, je pourrais avec lui m'enfuir aux antipodes ; mais la mesure de mes persécutions n’est pas encore comblée.

Entre, sans être vue, M1STBISS BÉVUE , qui prêto l’oreille à leur conversation.

mistiuss bévue, à part.

Je brûle de savoir comment la petite drôlesse se comporte.

LE CAPITAINE

Vous êtes bien pensive, Lydie! — Votre chaleur est-elle donc refroidie?

histiuss BEVUE, à part.

Sa chaleur refroidie ! — Oh! oh ! sans doute que tout-à-l’heuro elle était en colère?

LYDIE

Non; et tant que je vivrai, elle ne se refroidira pas.

MISTR1SS BÉVUE.

Le joli caractère! Quelle petite diablesse! Elle veut que sa colère dure autant que sa vie.

LYDIE

Quelle fixe, si elle veut, son choix sur le capitaine Absolu ; moi, je choisis Bévcrley.

histiuss bévub , à part.

Son assurance m’étonne ! — lui dire cela en face? le capitaine , mettant un genou en terre.

Veuillez donc m’accorder ma demande.

mistriss bévue, à part.

Le pauvre jeune homme! il implore à genoux sa pitié! — Je ne puis me contenir plus long-temps. — [Haut.) Eh bien! dragon de méchanceté, — j’ai tout entendu.

le capitaine, d part.

Le diable emporte sa vigilance !

Capitaine Absolu, — je ne sais comment m’y prendre pour excuser auprès de vous sa grossière insolence.

le capitaine , à part.

Bon, rien n’est compromis encore. — (Haut.) J’espère,, madame, que le temps amènera mademoiselle —

Oh ! il n’y a rien àjespérer d'elle ! Elle est aussi obstinée qu’unri allégorie1 aux bords du Nil.

LYDIE

De quoi m’accusez-vous, madame?

Comment, rebelle éhontée, — ne viens-tu pas de dire à ce monsieur, à sa face, que tu en aimais un autre? — N’as-tu pas dit que tu ne serais jamais à lui?

LYDIE

Je n’ai pas dit cela, madame.

Juste ciclîquel front! Lydie, Lydie, vous devriez savoir que le

1 Uu alligator, un crocodile.

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