ACTE IV, SCÈNE II
sont si confuses, — je vous en avais prévenu, mon père, — je le savais d’avance. Le tremblement de ma passion m’ôte toute présence d’esprit.
SIR ANTON Y
T'a-t-il aussi ôté la voix, imbécile? Approche, et parle-lui à elle-même. {Le capitaine Absolu fait signe à mislriss Bévue de les laisser seuls.) A quoi, diable, penses-tu? Desserre les dents, drôle, sinon —
le capitaine, à part, en s'approchant de Lydie.
Fasse le ciel qu’elle soit de trop mauvaise humeur pour tourner la tête. 11 me faut déguiser ma voix, — ( Bas à Lydie.) Miss Langueur voudrait-elle prêter l’oreille aux tendres acccns d’un amour sincère? voudrait-elle —
Que diable a donc le drôle? Pourquoi ne parles-tu pas à haute ^ voix, — au lieu de coasser comme si tu avais un chat dans la gorge?
LE CAPITAINE
L'excès de mon trouble et de ma modestie m’ôte l'usage de la parole !
SIR ANTONY
Ah ! ta modestie revient sur le tapis ! Écoule-moi, Jack ; si tu ne parles pas sur-le-champ et coulamment, tu vas me voir entrer dans une fureur'. — Mistriss Bévue, je désirerais que mademoiselle voulût bien nous gratifier de quelque chose de plus que son profil.
Mistriss Bcyuc parle bas à Lydie et la gourmande. le capitaine, à part.
Allons! je vois bien qu’il faut que tout le mystère se révèle. — {Il s'approche de Lydie et lui parle à voix basse.) Ne soyez pas surprise, ma Lydie ; ne donnez pour le moment aucun signe d’étonnement.
lydie, à part.
Ciel ! c’est la voix de Béverley ! {Elle tourne lentement la tête, puis se lève brusquement.) Est-il possible ? — Mon Béverley î Comment cela se fait-il? — Mon Béverley!
le capitaine, d part.
Ah ! tout est perdu.
SIR ANTONY
Béverley ! — Que diable ! — Béverley ! que veut-elle dire? cq garçon est mon fils, Jack Absolu.
fi 8 LES RIVAIT.
MISTBISS BÉVUE.
Fi donc, drôlesse ! fi donc I — Vos idées sont tellement fixées sur ce marand, qu’il est sans cesse présent à vos yeux ! Demandez sur-lc-champ pardon au capitaine Absolu.