I.YDIB
Je ne vois point ici de capitaine Absolu, mais bien mon cher lîévcrley.
SIR ANTONY
Mille bombes, cette fille est folle! la lecture lui a tourné la tête !
En conscience, je le crois! — Que voulez-vous dire par votre Réverlcy, drôlesse ? — Vous avez déjà vu le capitaine Absolu ; il est devant vous ; c’est lui qui sera votre époux.
LYDIE
J’y consens de grand cœur, madame ; si jamais il m’arrive de refuser Béverley —
SIR ANTONY
Oh! elle est folle à lier! — Ou bien ce drôle nous aurait-il joué quelque mauvais tour? Approche, maraud; qui diablees-tu?
LE CAPITAINE
Je ne le sais pas bien moi-même; mais je vais tâcher de me le rappeler.
SIR ANTONY
Es-tu mon fils, ou ne l’es-tu pas? — réponds, coquin, dans l'intérêt de ta mère, sinon pour moi.
le capitaine, à part.
Génie de l’impudence, viens à mon aide. — [Haut.) Sir Antony, sans nul doute, je suis le fils de votre femme ; je crois aussi, en toute sincérité, être le vôtre ; et j’espère vous l’avoir prouvé pqj mon respect et mon obéissance. — Mistriss Bévue, je suis votre trcs-respectueux admirateur, et je serai fier d’ajouter à ce titre celui de votre affectionné neveu; je n’ai pas besoin d’apprendre à ma Lydie qu’elle voit son fidèle Béverley ; connaissant la singulière générosité de son caractère, j’ai cru devoir me cacher sous ce nom et sous le voile d’une humble position1; ce déguisement a été pour elle l’occasion de manifester l’amour le plus désintéressé; j’espère qu’elle me le continuera, et qu’il me sera donné d’en jouir dans une situation plus élevée.
LYDIE, avec humeur.
Ainsi, somme toute, il n’y aura pas d’enlèvement <