ACTE V, SCÈNE
Taire des fleurs de rhétorique, dcui ou trois personnes auraient le temps de périr.
LYDIE
Que de patience il me faut ! — Madame, au nom du ciel, dites-nous de quoi il s'agit.
Il s’agit de meurtres! il s'agit d'homicides! il s’agit de gens qui se tuent! — (Montrant Labrot te.) Mais il peut vous dire les détails.
LYDIE
Tariez, mon ami, soyez bref.
LADHOSSE.
Pour ce qui est de meurtres, mademoiselle, — je ne saurais prendre sur moi de dire, — et quant à ce qui concerne l’homicide par préméditation ou par imprudence, c’est une question que le jury devra résoudre.
LYDIE
Mais qui sont ceux qui sont compromis dans cette affaire?
LABROSSB.
Ma foi, mademoiselle, l’un est un jeune homme auquel je serais désolé qu’il arrivât malheur, —un jeune homme fort bien élevé! — Nous avons long-temps vécu ensemble, et je pourrais môme dire sur un pied d’affection réciproque.
LYDIE
Mais qui est-il? qui est-il ?
LABROSSB.
Mon maître, mademoiselle, — mon maître; — je parle de mon maître.
LYDIE
Juste ciel ! Quoi! le capitaine Absolu?
HISTRISS BÉVUE.
C'est pour le coup que vous voilà sérieusement alarmée.
LYDIE
Mais qui sont ceux qui sont avec lui?
LABROSSE. - *
Quant au reste de l'affaire, mademoiselle, — ( montrant David) cet homme peut vous renseigner beaucoup mieux que je ne le pourrais.
julie, à David.
Parlez, mon ami.
DAVID
Yoyez-vous, mademoiselle; par la sainte messe, il y a du mal
«fl LE3 RIVAUX,
qui se mitonne. Ce n'est pas pour leur amusement que des gens se rassemblent avec des armes à feu, des pompes à feu, des garde-feu, et je ne sais combien d’autres instrumens à feu. — Je dis, mademoiselle, que cela n’annonce rien de bon.
JULIE
Mais qui sont les combattans?
DAVID
Mon pauvre maître, — Je vous demande pardon de le nommer le premier, — Vous savez, mademoiselle, — que je suis David ; — et par conséquent, mon maître est ou était monsieur Dclàcre ; — il y a aussi le capitaine Absolu, ainsi que monsieur Faulkland.
JULIE
Allons, madame, sur-le-champ faire nos efforts pour empêcher qu’un malheur n’arrive.
XIISTRISS BÉVUE.
Fi! fi donc! cela serait on ne peut plus messéant à nous; — nous ne ferions que participer1 les choses.
LYDIE
Ma chère tante, hâtons-nous d’aller nous interposer entre eux.
DAVID
Oui, madame, allez sauver la vie de quelques-uns d’entre eux! — Ils sont, croyez-moi, dans les dispositions les plus furieuses. II y a surtout ce sanguinaire philistin, sir Lucius Tête- Chaude.
mistbiss bévue, à part.
Sir Lucius Tête-Chaude! — O miséricorde! comment! ils ont conduit dans ce guet-apens le pauvre petit sir Lucius! {Haut à Lydia.) Eh bien, mademoiselle, qu’attendez-vous là immobile? vous n’avez pas-plus de sentiment qu’une des putréfactions2 du Derbyshire.
LYDIE
Que faut-il faire, madame?
mistriss bévue.
Comment donc? il faut voler avec toute la félicité3 possible, pour empêcher un malheur! — Venez, mesdemoiselles; cet homme nous exhortera4. — {A David.) Venez, l’ami; guideznous; marchez devant, et nous précéderons5. Vous connaissez l'endroit; vous en êtes sûr?
1 Précipiter.— ’ Pétrifications. - * Vélocité. — * Escortera. — * Sous prncsJcrons,
pous marcherons.