ACTE V, SCÈNE III
maître en particulier, et rendcz-Ie responsable de la bonne conduite des autres.
SIR ANTONY
Rengaine, Jack, rengaine, ou je vais entrer en fureur. — Comment se fait-il que vous vous battiez en duel, monsieur?
LE CAPITAINE
Ma foi, mon père, ce monsieur ( montrant sir Lucius } pourrait vous le dire beaucoup mieux que moi. C'est lui qui m’a appelé sur le terrain ; et vous savez que je sers sa majesté.
SIR ANTONY
Voilà un plaisant drôle ! je le surprends allant couper la gorge à un homme, et il me dit qu'il sert sa majesté. Ventrebleu ! oses-tu bien, maraud, tirer l’cpée du roi contre l'un de ses sujets ?
LE CAPITAINE
Je vous répète, mon père, que monsieur m’a appelé en duel sans m'en dire le motif.
sir axton y, d sir Lucius.
Morbleu, monsieur ! comment se fait-il que vous ayez appelé mon fils en duel sans lui en dire le motif?
sir LUCIUS.
Votre fils, monsieur, m’a fait une insulte que mon honneur n’a pu digérer.
sir antony, au Capitaine.
Morbleu , Jack ! comment as-tu osé faire à monsieur une insulte que son honneur n’a pu digérer?
MtSTRISS BÉVUE.
Allons, allons, laissez-moi là l’honneur, en présence des dames.
— Capitaine Absolu, approchez. — Comment avez-vous pu nous alarmer ainsi? Voilà Lydie qui a failli mourir de peur à cause de vous.
LE CAPITAINE
De peur que je ne fusse tué ou que je n’échappasse, madame?
UISTRISS BÉVUE.
Allons, point d'illusions1 au passé. — Lydie est convaincue : parlez, mon enfant.
SIR LUCIUS
Avec votre permission, madame, j'ai ici un mot à dire. Je crois pouvoir interpréter le silence de mademoiselle. Remarquez bien.
LYDIE
Que voulez-vous dire, monsieur ?
■ au »
SIR LUCIUS
Allons, allons. Délia, soyons sérieux maintenant; ce n'est pas le moment de plaisanter.
LYDIE
11 est vrai, monsieur; et je profite de YOtre leçon pour offrir ma main à monsieur [montrant le Capitaine), et solliciter la retour de ses affections.
LE CAPITAINE
O mon petit angel est-il bien vrai? — Sir Lucius, je soupçonne là-dessous quelque quiproquo. À l’égard de l’insulte que vous affirmez avoir reçue de moi, tout ce que je puis dire, c'est quelle n’a pu être intentionnelle. De même que je ne craindrais ' pas de soutenir une insulte faite ayec intention , de même je ne rougis pas de m’excuser d’un tort involontaire. — Recevez donc mes excuses. Mais pour ce qui est de cette dame, tant qu’elle m’honorera de son approbation, je soutiendrai mes droits envers et contre tous. .
SIR ANTONY
C’est bien parlé, Jack ; etje suis prêt à t’appuyer, mon enfant.
DELACRE.
Remarquez que j’abandonne toutes mes prétentions ; — je n’en conserve absolument aucune; et si je ne puis me procurer une femme sans me battre pour elle, par ma valeur, je vivrai garçon.
Capitaine, donnez-moi votre main ; — une insulte noblement réparée devient une obligation; quant à mademoiselle, s’il lui convient de renier son écriture, voici —
Il tire de sa poche plusieurs lettres.
Oh! il va vanter1 tout le mystère! — Sir Lucius, peut-être y a-t-il là quelque méprise. — Je pourrai peut-être illuminer2 —
SIR LUCIUS
Veuillez, ma bonne dame, vous mêler de ce qui vous regarde. — Miss Langueur, êtes-vous ou n’êtes-vous pas Délia?
LYDIE
Assurément, sir Lucius, je ne la suis pas.
Lydie et le capitaine Absolu s'entretiennent en particulier.
MISTRISS DÉVUE.
Sir Lucius Tête-Chaude, tout ingrat que vous êtes, — je m’avoue coupable ; — pardonnez ma rougeur, je suis Délia.
SIR LUCIUS
Vous Délia! — allons donc! calmez-vous.
‘ Éventer. — ’ Éclairer, éclaircir. .