‹ Œuvres de Shéridan traduitesChapitre 73 sur 357 · SCÈNE H · texte numérisé non relu

SCÈNE H

Une place publique.

Arrivent FERDINAND et LOPEZ. ,

LOFEZ

En vérité, seigneur, je pense qu’un peu de sommeil de temps en temps, une fois par semaine, par exemple, —

FERDINAND

Tais-toi, imbécile ! ne me parle pas de sommeil.

LOPEZ

Non, «on, seigneur; je ne vous parle pas de ces sommes profonds dans lesquels on dort de tout son appétit; mais je ue

iOK LA DUÈGNE.

puis m'cmpôcherde penser qu’une demi-heure d’un légersorame, ne fût-ce que pour la nouveauté du fait —

FERDINAND

Tais-toi, te dis-je, bélître! —O Clara ! chère et cruelle ennemie de mon repos !

LOFEZ

Et du mien aussi.

FERDINAND

Ventrebleu! se moquer de moi dans un moment comme celui-ci! Tenir à des vétilles! — Elle! m’aimer! Je ne crois pas qu’elle m’ait jamais aimé.

LOPEZ

Je ne le crois pas non plus.

FERDINAND

Ou serait-ce que les personnes de son sexe ne peuvent continuer pendant une heure à savoir ce qu’elles veulent?

LOPEZ

Elles savent ce qu’elles veulent beaucoup plus qu’elles n’oscnt l'avouer.

FERDINAND

Est-il au monde une créature aussi inconstante que Clara?

LOPEZ

J’en sais une.

FERDINAND

Oui, l’insensé qui se soumet humblement â ses caprices. lopez , d part.

Je savais bien qu’il devinerait du premier coup.

FERDINAND

N’est-elle pas capricieuse, tourmentante, tyrannique, obstinée, perverse? Oui, c’est un composé de défauts et de lubies sans nombre ; le dédain est dans ses regards, et il n'est pas jusqu’à son sourire... Merci de ma vie! qu'avais-je besoin de parler de son sourire? car elle sourit avec un charme si enivrant, une grâce si fascinante! O malédiction ! je meurs si je la perds.

LOPEZ

Voilà ces maudits sourires qui ont tout dérangé.

Ferdinand chante.

Oh 1 si je pouvais quelque jour Évoquer ses défauts en oubliant sos charmes,

A la froide raison le tyrannique amour

Aurait bientôt rendu les armes.

Mais, hélas ! quand j’ai bien compté Les imperfections dont son esprit foisonne.

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