SCÈNE H
Une place publique.
Arrivent FERDINAND et LOPEZ. ,
LOFEZ
En vérité, seigneur, je pense qu’un peu de sommeil de temps en temps, une fois par semaine, par exemple, —
FERDINAND
Tais-toi, imbécile ! ne me parle pas de sommeil.
LOPEZ
Non, «on, seigneur; je ne vous parle pas de ces sommes profonds dans lesquels on dort de tout son appétit; mais je ue
iOK LA DUÈGNE.
puis m'cmpôcherde penser qu’une demi-heure d’un légersorame, ne fût-ce que pour la nouveauté du fait —
FERDINAND
Tais-toi, te dis-je, bélître! —O Clara ! chère et cruelle ennemie de mon repos !
LOFEZ
Et du mien aussi.
FERDINAND
Ventrebleu! se moquer de moi dans un moment comme celui-ci! Tenir à des vétilles! — Elle! m’aimer! Je ne crois pas qu’elle m’ait jamais aimé.
LOPEZ
Je ne le crois pas non plus.
FERDINAND
Ou serait-ce que les personnes de son sexe ne peuvent continuer pendant une heure à savoir ce qu’elles veulent?
LOPEZ
Elles savent ce qu’elles veulent beaucoup plus qu’elles n’oscnt l'avouer.
FERDINAND
Est-il au monde une créature aussi inconstante que Clara?
LOPEZ
J’en sais une.
FERDINAND
Oui, l’insensé qui se soumet humblement â ses caprices. lopez , d part.
Je savais bien qu’il devinerait du premier coup.
FERDINAND
N’est-elle pas capricieuse, tourmentante, tyrannique, obstinée, perverse? Oui, c’est un composé de défauts et de lubies sans nombre ; le dédain est dans ses regards, et il n'est pas jusqu’à son sourire... Merci de ma vie! qu'avais-je besoin de parler de son sourire? car elle sourit avec un charme si enivrant, une grâce si fascinante! O malédiction ! je meurs si je la perds.
LOPEZ
Voilà ces maudits sourires qui ont tout dérangé.
Ferdinand chante.
Oh 1 si je pouvais quelque jour Évoquer ses défauts en oubliant sos charmes,
A la froide raison le tyrannique amour
Aurait bientôt rendu les armes.
Mais, hélas ! quand j’ai bien compté Les imperfections dont son esprit foisonne.