‹ Œuvres de Shéridan traduitesChapitre 75 sur 357 · ACTE I, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE II

Cette main, douce & caresser,

Dans ma main je veux la presser ;

Il faut, mon exigence est grande.

Qu’à son tour elle me le rende.

Je puis voir sans up doux émoi Les contours de ce sein d'albâtre ;

Pour que mon cœur en devienne idolâtre,

Il faut qu’il palpite pour moi.

D'ailleurs, Ferdinand, tu as une garantie suffisante dans mon amour pour ta sœur. Sers-moi de ce côté-là, et je te laisserai en paix t’arranger avec Clara.

FERDINAND

Je le veux bien, en tant que l'honneur de notre famille ne sera pas compromis; mais point d’çnlèvement!

ANTONIO

Et pourtant tout-à-l’heure tu voulais enlever Clara.

FERDINAND

Ah 1 c’est bien différent ; nous n’entendons pas qu’on agisse avec nos femmes et nos sœurs comme nous agissons avec les sœurs et les femmes des autres. — Mais demain, on oblige Clara à entrer dans un couvent.

ANTON»

Et moi, ma position n’est pas moins douloureuse. Demain, .« ton père force Louisa d’épouser le Portugais Isaac.— Mais viens avec moi, et je te réponds que nous aviserons à quelque plan.

FERDINAND

Il faut que je retourne au logis.

ANTONIO

Eh bien, adieu!

Au surplus, Antonio, lors même que tu n’aimerais pas ma sœur, tu as trop d’honneur et d'amitié pour moi, pour me supplanter auprès de Clara.

antonio chante.

Devant la beauté souveraine.

Que peut l’amitié, la raison?

Il n’est point de trahison Pour le cœur qu’amour enchaîne.

A mon ami, si j'engage ma foi,

C’est un vain son qui dans l’air s’évapore ;

Mais un serment aux charmes que j’adore Sera toujours sacré pour moi.

110 • * LA DUÈGNE

Si donc, il faut que je sois infidèle ,

A qui dois-je manquer de foi ?

Je ne serai que parjure avec toi,

Hais je serais sacrilège avec elle.

Il l'éloigne.

FERDINAND, Seul.

Quand nous causons sur ce sujet, je remarque toujours dans les réponses d' Antonio une légèreté qui m’effraye.— Diantre! si Clara l'aimait, après tout.

Il chaîne.

Quoi I Clara serait infidèle 1 Elle qui m'a donné tant de preuves d'amour I Se peut-il que mon cœur la soupçonne en ce jour 1 Si j’ai raison, quelle douleur cruelle 1 Mais si j'ai tort, je suis indigne d’elle.

Au cœur d’un malheureux amant,

Oh l que la jalousie est un affreux tourment 1 Quand elle me regarde avec un doux sourire,

Alors, je l'aime plus que je ne saurais dire ;

Mais qu’un autre en partage ait la même faveur,

J’y mets bien plus de prix encore.

Comment donc espéreT un terme à mon malheur.

Quand plus elle se plaît & torturer mon cœur,

Plus ce cœur insensé l'adore?

Il l'éloigna.

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