LA DUEGNE
que vous pouvez faire de mieux, c’est de retourner chez vous.
LOUISA, à part.
Le lâche coquin 1 (Haut.) Mais, mon bon seigneur, c’est pour Antonio d’Ercilla que j’ai déserté la maison paternelle.
1SAAC.
Comment? que dites-vous? Ce n’est donc pas de moi que vous êtes amoureuse?
Non, assurément.
ISAAC
En ce cas, vous n’êtes qu’une sotte, qu'une effrontée, qu’une impertinente , et vous pouvez compter que j’avertirai votre père.
Est-ce là votre galanterie? *
ISAAC
Un moment! Antonio d'Ercilla, dites-vous? Parbleu, je puis mettre cette circonstance à profit. — Antonio d’Ercilla?
Oui, et si vous espérez prospérer en amour, vous me conduirez auprès de lui.
ISAAC
Par saint Jacques! je le veux bien.— Carlos, cet Ariïonio, à ce que j’ai entendu dire, est un de mes concurrens auprès de Louisa. Si je pouvais réussir à lui mettre cette fille sur les bras, je resterais maître du champ de bataille. Hé, hé, Carlos! n’est-ce pas là une idée des plus heureuses ?
CARLOS
Excellente, oui, excellente.
isaac, se frappant le front.
Ahl ce petit cerveau-là n'est jamais en défaut. Ingénieux Isaac ! rusé coquin ! — Dona Clara, voulez-vous me permettre de vous confier pour quelque temps à la direction de mon ami ? louisa, à Carlos.
Puis-je me confier à vous, seigneur ?
CARLOS
Mademoiselle, il est impossible que je vous trompe.
Il chante.
Ah ! quand je serais un infâme ,
Non, je ne vous trahirais pas ;
Perfide ou non, toujours mon âme Serait fidèle à vos appas.